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Et si vous faisiez de vrais choix ?

pile ou faceJ’ai le plaisir aujourd’hui d’accueillir un article invité d’un blogueur de talent. Joël Servais, entrepreneur-investisseur-blogueur indépendant, a quitté son boulot en novembre 2011, non pas pour vivre la vie de ses rêves sous les cocotiers mais parce que la vie en tant qu’employé ne lui convenait pas. Risquer sa vie sur la route chaque matin et chaque soir pour un employeur qu’il n’aime pas, pour un travail inintéressant et mal payé, ce n’était vraiment pas pour lui. Il a entrepris de gagner sa liberté en travaillant après-journée à confectionner des sites web. En 2010, les clients étant devenus très rares, il a décidé de gagner de l’argent autrement, notamment en créant le site Blog-invest.com qui a pour vocation d’apporter quelques revenus annexes et automatique tout en partageant ses expériences d’investisseur et d’entrepreneur. Enjoy.


La responsabilité face à l’irresponsabilité,

parce que les abrutis qui vous disent qu’il faut savoir dire « non » sont souvent les mêmes qui vous disent qu’il faut être un YESman.

Si vous voulez réussir dans la vie, il faut savoir dire « non ». Le saviez-vous ? Les dignes représentants du mouvement du développement personnel vous le diront, vous ne pouvez pas connaître votre propre identité ni même être vous-même si vous ne savez pas dire « non. NON ! ». Votre voisin vous demande un coup de main ? Votre mamie aimerait que vous lui apportiez un peu de lait et, tant que vous êtes au magasin, un gros pain, mais pas trop cuit, un pot de confiture, un peu de chocolat au lait, mais pas le paquet bleu, plutôt le brun, juste à côté de la marque chose ? Votre frère a encore besoin de 1000 € pour pouvoir manger ? Votre collègue doit absolument rentrer chez lui, pourriez-vous terminer le boulot à sa place ? Non merci, non, je n’ai pas le temps, non, je n’ai pas le temps. Non, bien sûr, car le temps, surtout le vôtre, est précieux, ne le gâchez donc pas à vous occuper des problèmes des autres, ce sont leurs problèmes. Vous avez déjà assez de problèmes bien à vous et puis, comment avancer dans la vie si vous avez sans cesse des contraintes imposées par le monde extérieur ? Prenez possession de votre vie, sachez dire « NON ! »

Si vous voulez réussir dans la vie, il faut savoir dire « oui ». Le saviez-vous ? Les dignes représentants du mouvement du développement personnel vous le diront, vous ne pouvez pas connaître votre propre identité ni même être vous-même si vous ne savez pas dire « oui. OUI ! ». Votre voisin vous demande un coup de main ? Votre mamie aimerait que vous lui apportiez un peu de lait et, tant que vous êtes au magasin, un gros pain, mais pas trop cuit, un pot de confiture, un peu de chocolat au lait, mais pas le paquet bleu, plutôt le brun, juste à côté de la marque chose ? Votre frère a encore besoin de 1000 € pour pouvoir manger ? Votre collègue doit absolument rentrer chez lui, pourriez-vous terminer le boulot à sa place ? Mais oui, bien sûr, avec plaisir. Je vous aide volontiers. Comme une opportunité ne frappe pas deux fois à votre porte, un simple « oui » peut changer votre vie. C’est en vous ouvrant au monde extérieur que vous comprendrez que le monde est vaste et remplis de ces fruits qui ne demandent qu’à être cueillis et dégustés. Vos propres problèmes peuvent attendre et s’ils peuvent attendre, c’est qu’ils ne sont pas aussi importants que cela. D’autant plus que si un problème est important, il y a de grandes chances pour qu’il ait déjà été réglé par vous-même. Prenez possession de votre vie, sachez dire « OUI ! »

Alors, on fait quoi ? On dit « oui » ou on dit « non » ? Le choix est difficile. J’ai découvert une solution vraiment très intéressante dans le livre « L’Homme-Dé » de Luke Rhinehart. Cela demande quelques explications : Luke est psychiatre, dépressif de 32 ans qui s’ennuie d’être lui-même et personne d’autre. Un soir, il décide que ce n’est pas à lui de décider qui il doit être mais le Dé. Il note sur papier six décisions notées un à six et lance le dé en se promettant que quelle que soit la décision du Dé, il la suivrait. Il comprend alors que tout est possible et devient une personne différente… presque chaque jour et selon la décision du Dé. Vous aurez compris que la perversion du personnage central poussera l’histoire à partir rapidement en vrille. Une personne saine d’esprit trouvera cela aussi absurde que de se forcer à toujours dire « OUI » ou toujours dire « NON ».

Le film avec Jim Carrey, « Yesman ! », vous démontre aussi l’absurdité d’une telle « philosophie ». Autant le héros est malheureux et renfermé sur lui-même à force de « non », autant il perd toute crédibilité et toute personnalité à force de dire « oui ». Outre la moralité reçue en pleine figure vers les 10 dernières minutes : les Américains aiment rire, aiment expliquer pourquoi ils rient et aiment expliquer pourquoi vous devez rire vous aussi, ce film est fort divertissant et se termine par un baiser langoureux ainsi qu’une leçon de vie par l’absurde. Zut, je viens de vous raconter la fin.

Tant qu’on y est, le film français « Qui a tué Bambi ? » nous donne un système génial dans la scène du jeu « devine de quoi j’ai rêvé ? ». Posez simplement la question à un ami, ou une amie (et je vous assure que choisir une personne de sexe opposé vous apportera un petit plaisir en plus) : « Devine de quoi j’ai rêvé cette nuit ? ». Votre ami commencera par vous poser une question et c’est là que, sans s’en rendre compte, il place son doigt dans l’engrenage. De votre côté, Si la question se termine par une consonne, répondez « non », si la question se termine par une voyelle, répondez « oui ». Il arrivera que vous ayez un petit moment d’hésitation, ça ne fera qu’ajouter du piment.

Cela donne à peu près ceci :

– Devine de quoi j’ai rêvé. Pose-moi des questions et je te répondrais par oui ou par non.
– Tu as rêvé de moi ?
– Oui
– Ça se passait chez toi ?
– Oui
– … Dans ton salon ?
– Non
– Dans la cuisine ?
– Oui
– J’avais des vêtements au moins ?
– Non
– Aie… J’étais nu(e) ?
– Oui
– Hum, nous étions ensemble ?
– Oui
– Juste nous deux ?
– Non
– Nous étions… euh… trois ?
– Non
– Quatre ?
– Oui
– Je les connais ?
– Non
– etc.

Alors même que votre ami(e) aura l’impression de vous analyser, ce sera totalement l’inverse. Et, un peu comme dans les séries policières, vous pourrez avoir un recul au travers d’un miroir sans teint. Mettez-vous à la place de votre ami(e). Vous lui demandez de deviner de quoi il a rêvé cette nuit. Le rêve est très intime et le fait que vous posiez la question à cet(te) ami(e) en particulier l’implique immédiatement dans cette intimité. La première question posée est souvent relative à cette intimité, la personne cobaye veut confirmer son idée, elle veut savoir si elle fait partie ou non du rêve. Ensuite, elle voudra essayer de comprendre quel en est l’impact et essayera de se mettre à votre place… mais avec ce biais intime. Lorsque le décors est posé, entre trois et dix questions, celles qui suivront seront alors toutes issue du cerveau torturé de votre cobaye. C’est à ce moment-là que vous avez la main. Pendant toute la durée de la partie, cet(te) ami(e) sera divisé entre « je veux savoir » et « je n’ai peut-être pas envie de savoir », ce repoussera très rapidement votre cobaye dans ses retranchements tout en profitant pleinement de chaque occasion où il pointera le bout de son nez. N’oubliez pas de dire à la fin comment fonctionne le jeu.

Cela pourrait aussi fonctionner avec un dé ou une pièce, mais vous perdriez alors toute crédibilité face à votre cobaye, car il comprendrait immédiatement le sens du jeu qui perdrait alors toute consistance. Ou alors, vous tirez au hasard 20 fois, ce qui vous donnerait une combinaison de réponses totalement aléatoire et impossible à déceler… Mais le but étant de torturer votre ami sans vous torturer vous-même, je vous déconseille cette méthode.

Que nous apprend ce jeu ? Vous voyez que la personne qui décide si la réponse doit être « oui » ou « non » n’as pas d’influence sur le processus de pensée. Celui qui décide de la suite des événements et qui a un réel impact sur le jeu est celui qui pose des questions, qui réfléchit, qui se sent concerné par le jeu, mais aussi qui est hors de sa zone de confort. Jusqu’à quel point les questions peuvent être osées ? Mais ce n’est qu’un jeu ? Et puis, ce n’est pas moi qui ait rêvé, c’est l’autre ? Même avec ces balises, le cobaye prend des décisions très difficiles et pose des questions qui ne sont gênantes que pour lui-même.

Pensez-vous être quelqu’un d’important parce que vous savez dire « oui » ou « non » à tout ? Je n’en serais pas si sûr à votre place. Prenez simplement le temps de réfléchir à ce que vous voulez vraiment. Planifiez votre désir, découpez-le, étudiez-le. Ensuite seulement vous pourrez prendre les décisions les plus adéquates. Sans cette introspection, vous seriez de ces moutons qui ne savent pas dire « non » ou qui ne savent dire que ça, et vous ne serez alors qu’une personne de plus sur cette planète qui ne sait pas ce qu’elle veut.

 

7 commentaires

  1. Cécile dit :

    Du coup j’ai joue a « devine de quoi j’ai reve » hier soir, c’etait bien fun !
    Je trouve que pile ou face c’est pas une mauvaise idee en soi. A chaque fois que je le fais, ca me permet de savoir quelle est l’idee que je veux vraiment, puisqu’au moment ou je lance la piece, je m’entends penser « pourvu que ce soit pile ».

  2. Joel dit :

    L’homme-dé fait aussi part de certaines frustrations et de certains engouements de la part du principal protagoniste en fonction du résultat du dé. L’important n’est donc pas de savoir si on doit ou non faire une action, mais si on a vraiment envie de la faire. Et uniquement dans ce cas-là, se bouger, entreprendre, construire, s’épanouir, se planter, et au final, l’avoir fait.

    Mieux vaut vivre de remords que de regrets.

    • Matt dit :

      Oui, ce questionnement de nos désirs profonds est un thème essentiel. J’ai sous le coude tout un « truc » (série d’article ? Séminaire ? Autre ? A voir ce que je ferai de cette matière) concernant la définition de ses objectifs, et parmi les divers travaux à faire, il y a le fait d’examiner si les objectifs déjà déterminés, ou ceux que l’on est en train de mettre au point, répondent à une pression sociale, à un espoir familial, à une manière dont on aimerait se voir (plein de gens aimeraient, je ne sais, se voir intellectuels plutôt que manuels, par exemple, et ce en contradiction avec leurs aspirations profondes). En ce sens, le « pile ou face » version Cécile est extrêmement instructif ! :)
      Matt a posté dernièrement Booster votre business avec Google Adwords – Interview d’un expert

  3. Roland dit :

    Hmm, plutôt redoutabkle, le  »Jeu du rêve ». Qu’est-ce que ça donnerait, avec un sociopathe ?

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