Non au jeunisme forcené

Je suis vieux. Enfin, à l’aune du jugement populaire concernant de nombreux – sinon l’intégralité des – domaines humains, je suis vieux. Ce billet procède-t-il de l’aigreur de celui qui se voit dépouillé de ses qualités primaires, sacrifiées sur l’autel de Mère Nature, et qui appelle à la manifestation publique contre le carbone 14 ? C’est vous qui voyez (il y en qui qui ont essayé, ils ont eu des problèmes, etc.)

Lorsque je dis vieux, entendons-nous. Il s’agit-là d’une mesure à la jauge du jeunisme intransigeant de ces dernières décennies. Puisqu’il ne s’agit pas particulièrement de moi dans cet article (et plus généralement, sur ce blog, vous me l’accorderez), donnons un nombre fixant les idées. J’ai, au moment où j’écris ces lignes, 38 ans (en fait, je mens effrontément, mes 39 printemps tombant dans trois semaines, ce qui ne me pose strictement aucun problème, soit dit en passant pour ceux qui pronostiqueraient l’aigreur de l’auteur). Pour moi, c’est un âge fantastique, auquel l’homme (en l’occurrence) est en pleine forme, plein de projets et néanmoins expérimenté, a fini la mue tardive dans laquelle une société aux études longues, aux structures parentales en évolution, à la carrières à palier, au changement du modèle privé (si ce dernier terme est abscons, c’est que nous en reparlerons dans un autre article), etc. l’a plongé, tout en conservant une espérance mathématique de vie supérieure au temps s’étant écoulé entre sa création et le moment présent, bref, attention les yeux, ça va exploser sec.

Néanmoins, il semblerait que le vulgaire, qui est rarement raisonnable, se soit laissé imprimer dans son cortex (ou ce qui lui en tient lieu, selon les cas) un modèle fort différent. Qui édicte, à la louche, qu’après vingt ans vient la poubelle (version optimisée de « après quarante ans, c’est la quarantaine » et autres  » l’âge mûr, par définition, précède l’âge pourri », de Sieur Desproges).

L’âge est en premier examen un affaire de physique, de manière triviale. Or, si on est passé de 1900 à maintenant d’une espérance de vie de l’ordre de 35 ans à un truc du style 85, on a réussi depuis la seconde moitié du vingtième siècle à se sentir vieux de plus en plus jeune (et, concomitamment, vieillard de plus en plus tard, par l’évidence des faits – et parce qu’il faut bien que ça se raccorde, on se retrouve à passer les deux tiers de notre vie dans « l’âge mûr », ce qui confirme la crétinerie de la chose si besoin en était). Plus on a la patate, plus les sports se professionnalisent, et on en arrive au moment où une gymnaste de 18 ans n’a d’autre solution que de prendre sa retraite (en encore, lorsque je dis 18 ans…) et de préparer sa reconversion. Ô lecteur de plus de 12 ans, sache que si tu t’intéresses demain à une nouvelle activité sportive, tu seras dans ce domaine un vieux sans intérêt pour un bon club, qui ne pourra quasiment jamais te présenter à un recruteur. Il n’est pas là question de bien-être mais de performance. Tu n’es rien, il faut t’y faire. Et encore, si vous mettiez les pieds dans un conservatoire de musique, ce serait pire.

Bien entendu, au delà des considérations sportives se situent les relations sociales, et par là – je suis navré d’en arriver à ces extrémités, mais soyons francs – l’attrait sexuel de la personne. Sans appel. Sans discussion. Closer ou je ne sais quel journal populaire ne fait pas dans la gérontophilie. Ici, mesdemoiselles, rappelez-vous que vous êtes spécifiquement plus mal loties que les hommes, et ce, pour le coup, depuis la nuit des temps, mais nous entrons de rechef dans les histoire de modèles privés que je me garde sous le coude.

Mais ce qui déborde de ces considérations physiques puis sociales sont des considérations sociétales. A commencer par la sphère professionnelle. Au sens très large. Disons-le clairement, un « vieux » ne monnaye de nos jours plus son expérience face au « potentiel » (mâtiné d’une discrète notion de faible coût, notez bien) présupposé chez le gamin. Bien entendu, il est des milieux où l’on a conscience des choses. Ce sont ceux où l’on tente alors de jouer, si possible sur les deux tableaux. Les stars, le temps que tout le monde ait conscience qu’elles sont sexy ; les présentateurs télé, le temps qu’ils fassent leurs armes et leur réseau ; bref, tout un tas de « haut placés » sociaux (on peut parler des politiques, sur le sujet, de nos jours, d’ailleurs) ; attendent un certain âge pour arriver « au top », et se mettent à devoir contrôler leur image (interdiction de sortir une photographie non « photoshopée » chez les stars de la chanson et du cinéma, chirurgie esthétique et conseils look jeune au petit écran, etc.) En ce qui concerne l’emploi pour le commun des mortels, débrouillez-vous – à moins de n’être lancé dans un projet d’indépendance financière – pour avoir trouvé votre emploi définitif avant 45 ans.

En même temps, je vous parle de la vie professionnelle, ce qui est un domaine pour lequel je n’ai pas une grande considération, vis-à-vis de l’accomplissement de l’humain. Mais rendez-vous bien compte que ce raisonnement a actuellement gagné la sphère privée. N’avez-vous jamais entendu quelqu’un – vous, peut-être – débiter des conneries aussi grosses que « j’aurais aimé apprendre le piano/le japonais/le curling/l’art de fabriquer des cendriers en rotin/… mais je suis trop vieux (vieille) à présent » ? Ne l’avez-vous même jamais entendu de la bouche d’un trentenaire ? Pour ma part, je ne me suis jamais posé la moindre question avant d’avancer dans la direction de quelque chose qui me plaisait, mais sans rire, ce raisonnement n’est-il pas omni-présent ?

Je l’ai même croisé dans un domaine encore un peu différent. Dans tout ce qui concerne la recherche, figurez-vous, pour les lecteurs peu familiers avec ce monde, que les gens ont aussi besoin de se rassurer, et que – par un paradoxe délicieux – les « bien mûrs » ayant pignon sur rue dans ce domaine souscrivent eux aussi à un certain jeunisme. Il est en effet « connu », dans le monde de la recherche, que si vous n’avez pas pratiqué un domaine depuis un certain nombre d’années, vous êtes devenus « con » dans cette zone de la pensée. Car eux-même sentent bien toute la souplesse mentale qu’ils ont perdue depuis leur vingtaine fougueuse, à faire toute leur vie la même chose sans remise en question ni apprentissage, jusqu’à avoir précisé de trois chiffres après la virgule je ne sais quelle constante en 40 ans d’exercice.  Comme l’autre est toujours un miroir, il serait dommage qu’ils y lisent leur propre raideur (pour ne pas dire connerie) dans la souplesse intellectuelle de celui qui leur fait face avec un âge incompatible avec leur modèle du monde. Par voie de conséquence, ils décrètent la « raideur d’esprit » automatique chez tout « touche à tout » non spécialiste, pour ceux qui auraient lu ce précédent article. Mais je parle du domaine de la recherche comme j’aurais pu traiter de n’importe quelle idée de « reconversion professionnelle » (surtout en France), idée qui consiste à affirmer à quelqu’un que l’on peut apprendre à faire honorablement quelque chose- que la personne en face fait depuis vingt ans en roue libre – sans avoir à en rougir. Je vous laisse imaginer les réaction de vexation engendrées, surtout chez les gens vides de sens et de vie dont la profession tient lieu de toute estime de soi et de sentiment « d’utilité publique »……

Ce billet n’est en rien l’expression sporadique d’une somme de rancœur accumulée et toute personnelle version « guignols de l’info » lorsqu’ils s’oublient un peu. Il s’agit d’une simple remarque amicale, en deux points.

Primo, si un domaine vous intéresse, intéressez-vous-y, point. Si la progression est votre moteur, vous serez toujours heureux. Si la comparaison avec les ultra-spécialistes est votre crédo, vous êtes malheureux de naissance.

Secundo, votre « souplesse » d’apprendre ne dépend que de votre habitude de le faire et de l’humilité que vous accepterez d’y mettre.On prend souvent pour un fait acquis la baisse de la capacité d’apprentissage avec le temps. Si je n’en nie pas une composante biologique, j’observe surtout que les gens apprennent lorsqu’ils sont petits, lorsqu’ils éprouvent la joie de vivre, de découvrir le monde et de le comprendre. Cette joie que cache si bien le costume-cravate approximatif du cadre de La Défense (référence parisienne, je le précise) le matin dans son RER de banlieue. Je me permets de prétendre que celui qui n’a pas perdu sa joie de vivre, qui ne s’adonne pas à la flemme du « laisser couler jusqu’au cimetière », compense le supposé « désagrément biologique » de la « vieillesse » par le recul, la maturité et la transversalité – bref, le caractère personnel qu’il apportera – dans tout apprentissage.

Bien que ce ne soit que rare sur ce blog, je me permets un petit 36 15 my life (référence culturelle incompréhensible à ceux étant nés après 1990, à ce propos… :p  ). Petit, j’aimais mener de longues réflexions sur la science, et faire des jeux de mots et astuces pourries. À 14 ans, j’étais (ultra) sportif. À 17 ans, j’étais amoureux. À 20 ans, j’étais guitariste. À 24,  astrophysicien. À28, papa. À 29, informaticien. À 30, banquier et comptable. À 31, je faisais du spatial. À 32, je m’intéressais à la psychologie, la sociologie et les relations humaines (à titre personnel). À 33, je revoyais mes bases sur la séduction. À 34, j’étais statisticien. À 35, je faisais de la sûreté nucléaire. Pendant tout ce temps,  en parallèle, je suis devenu musicien ; j’ai eu mes grosses périodes prestidigitation ; j’ai appris le jonglage, quelques langues, divers sports ; j’ai affiné mon relationnel humain. Depuis un an et quelques, je suis blogueur (donc un peu écrivain, si je laisse mes chevilles enfler plus que de raison) ; j’ai créé de toute pièce mon projet d’indépendance financière, mêlé de trois domaines nécessitant chacun des compétences fortes et donc un apprentissage carrément sévère (et loin d’être achevé) ; et bien des choses encore. Ma curiosité et mon envie de vivre n’en sont en rien usées, bien au contraire (et c’est ce qu’il faut retenir). J’aborde chaque nouveau domaine avec l’humilité de celui qui ne sait rien, sans abandonner la richesse de celui qui a de l’expérience et qui peut faire, du fait de son trajet personnel, des ponts entre domaines que d’autres n’auront pas fait.

On dit que les occidentaux pleurent plus la mort d’un bébé que celle d’un vieillard, car il s’agit d’un espoir pour le futur qui disparaît. On dit aussi que les orientaux font l’inverse, car avec le vieillard disparaît une somme de connaissance et d’expérience énorme.

Vous aimez les choix imposés, vous ?

Beaucoup arrêtent d’apprendre. Certains essayent, mais sans l’humilité de repartir à zéro lorsque le domaine qu’ils abordent demande qu’ils utilisent d’autres mécanismes mentaux. Si vous n’entrez dans aucune de ces deux catégories, vous n’aurez plus d’âge – en tout cas, tant que la santé ne vous rappellera pas très sévèrement à l’ordre. Et ça, avec un peu de chance, ça vous laisse tout de même pas mal d’accomplissements à réaliser.

 

 

17 réflexions sur “Non au jeunisme forcené”

  1. Bonjour,
     
    Faut bien reconnaitre que vous avez raison. Nous vivons dans une société ou à 42 ans si on a pas de « situation » alors on est rien…. et si tenté qu’en plus on est pas d’argent…. alors là on est moins que rien….
    Ma vie est une succession d’expériences, dans beaucoup de domaines. Aujourd’hui j’ai décidé de prendre ma vie en main… avec beaucoup de difficulté car je viens de me faire larguer -je lui ai demandé de l’aide…- je n’ai pas un rond, un dossier de surendettement et à cause de ça des problèmes avec ma banque qui ne facilite pas la vie de ceux qui ont déjà eu des problèmes et qui veulent s’en sortir….  
    Ceci dit… et même si tous les jours c’est difficile de faire les choses (procrastination :-) je ne me laisse pas le choix de m’en sortir et de réussir. Je ne veux plus être salarié (à titre exceptionnel éventuellement) et je veux à tout prix (honnête) avoir l’indépendance financière. 
    Merci pour votre prose franche…
    Dominique
    http://lesrelationshumainespositives.wordpress.com/

    1. Bonjour Dominique,

      Merci pour ce témoignage très personnel. Je ne puis que vous souhaiter, non pas de la chance ni de l’aide, mais de vous aidez vous-même et de vous en sortir (toutefois, il est toujours bienvenu que la vie et les autres ne  se mettent pas à vous mettre d’excessifs bâtons dans les roues, je suis bien d’accord).

      Bien entendu – j’ai encore eu cette discussion hier soir dans mon club d’investissement – les fantasmes ont la vie dure, et il n’est pas nécessaire d’être malhonnête pour être indépendant financièrement (par ailleurs, le dealer de quartier et le braqueur de sac à mains ne sont pas forcément « financièrement indépendants », ça fonctionne dans les deux sens. ;-)

      En ce qui concerne l’entrepreneuriat et le surendettement, je ne vois qu’une seule arme : le savoir. Celui des formes fiscales des entreprises, par exemple… Le savoir, c’est énergievore à acquérir, mais c’est ce qu’il y a de plus puissant.

      J’ai visité votre blog (ainsi que votre zikinf, j’ai donc constaté que nous avions des références musicales en commun…) et je sens l’énergie créative en vous. De quoi oublier vos 42 ans…  

      A bientôt,

      Matt 

      1. Merci pour votre réponse…. Malheureusement moi c’est plutôt du « vieillisme » :-) qu’il faudrait que je fasse parfois parce que dans ma tête j’ai plutôt 15 ans que 42 lol 
        Quel est le but de votre club d’investisseur ?
         
        A bientôt

        1. Boarf, il faut trouver un juste milieu. Je propose 25 ans. :)

          Un club d’investissement est un regroupement de personnes mettant un peu d’argent en commun afin de le placer sur les marchés financiers. Un peu, ça peut être très peu, et le maximum légal est de toute façon dans les « pas des masses ». Le but n’est pas vraiment de gagner de l’argent (mais un peu tout de même), mais surtout d’apprendre, de confronter ses analyses à celles d’autres (confrontation motivés par la mise en commun de quelques euros) et de se mettre au contact de vieux routiers. Ça fait toujours une routine minimale sur le sujet. A chacun de faire ce qu’il veut à côté sur son propre portefeuille.

          Après, c’est comme tout, le gain en connaissances est très dépendant des membres du club. Pour plus d’informations, je suggère de faire un tour sur <a href=www.ffci.fr> le site de la FFCI</a> (Fédération Française des Clubs d’Investissement). :)  

  2. Si t’as pas une Rolex dans 12 ans, t’es une merde je te rappelle ;)
    Récemment, ma cousine (de 16 ans) m’a traité de vieux. En effet, dans 4 ans, j’aurais la trentaine. Autant préparer ma tombe. Pourtant, les vieux disent que je fais « jeune ». Allez comprendre.
     
    J’ai appris l’humilité lorsqu’à 16 ans, je me suis fait battre au tennis par un papy hyper sportif qui en avait 75. J’ai jamais autant couru de ma vie… il savait les placer les balles !
     
    Il n’y a pas d’age pour apprendre. Comme tu le dis Matt, il faut faire preuve d’élasticité d’esprit. On peut trouver, tous les jours, des exemples ou des vieux remettent des jeunes à leur place… le contraire prévaut aussi d’ailleurs. Le savoir accumulé et la curiosité insatiable permet de jeter des ponts.
    Bref, il est 2h du mat. J’ai envie de me lever plus tôt que 14h de l’aprem, en hiver, j’hiberne. Cela conserve parait-il ;)

    1. J’ai déjà eu une Rolex, tu sais. Je m’en souviens, je l’avais acheté sur le marché de Vintimille… 

      Ah, l’histoire de la technique et de l’expérience face au physique fort mais désordonné des jeunes chien fous… Un classique connu, que j’ai omis de rappeler, tu fais bien de le faire. Et de le raconter à ta cousine, tiens ! Respect pour les anciens, non mais… :-p

      Bonne hibernation, mais n’oublie pas, la fameuse élasticité d’esprit se perd très vite par contre si on la laisse au repos ! Enfin, dans ton cas, voyageur compulsif, je ne m’en fais pas. :)  

  3. Je suis assez d’accord avec toi sur le fait qu’enfant, l’apprentissage est une découverte, chaque porte qu’on ouvre permet de découvrir un monde nouveau, et agrandi notre « monde des possibles ». Celui-ci parait alors infini. Plus tard, le formatage, le conventionnalisme, les mauvaises expériences peuvent amener à penser devant une porte nouvelle: « A quoi bon? » et faire demi tour. En fait en prenant de l’âge, ce n’est pas notre peau qu’il faut lisser, nos vêtement qu’il faut « djeuniser », nos cheveux qu’il faut teindre, c’est notre « monde des possibles  » qu’il faut préserver accessible.

    1. « En fait en prenant de l’âge, ce n’est pas notre peau qu’il faut lisser, nos vêtement qu’il faut « djeuniser », nos cheveux qu’il faut teindre, c’est notre « monde des possibles  » qu’il faut préserver accessible. » : j’aime beaucoup ta phrase, pas mieux. :)

      Par rapport à ce que tu dis sur l’apprentissage et l’âge, même si je suis toujours un adepte des portes nouvelles, j’explique et nuance ce propos dans mon dernier article :  Abstraction, pragmatisme et phases de vie. J’aimerais beaucoup avoir ton commentaire à ce sujet.

      Matt 

  4. Bonsoir,
    Merci pour cet article.
    Pour moi, l’âge, c’est dans la tête (il y a juste quelques articulations qui ne suivent pas  lol lol ).   Chaque âge a ses avantages et ses défauts : j’ai essayé de vivre avec.
    A 73 ans, je suis en peine forme (encore pour une trentaine d’années !).   Je suis photographe  amateur depuis ma retraite (en 2003), et depuis 6 mois, débutant en informatique et en marketing.   Il y a juste que ma mémoire n’est plus ce qu’elle était il y a 50 ans à l’université !
    L’avantage de mon âge : peut-être une certaine sagesse ??
    A bientôt
    Jacques (Bruxelles)

    1. C’est vraiment agréable d’avoir des témoignages de gens de votre age qui se donnent la peine de vivre avec le présent et non de rester dans la nostalgie du passé. Malheureusement nous sommes dans un monde ou même parfois à 20 ans des gens vivent dans le passé… de leurs parents.



      Vive la jeunesse !!!!

      1. Je suis en accord avec Dominique. Je m’enorgueillis d’avoir une telle diversité de lecteurs… Quant aux articulations, celles d’un ancien trop sportif ne sont pas non plus flambante à l’approche des 39 ans… ;)

        Je ne puis que vous souhaiter une trentaine d’année de photographie, de bloging, de marketing et de tout ce qui pourra vous passionner.

        Tenez-nous au courant, surtout ! 

  5. Cher Matt,
    vous me demandez ce que je pense de votre article…
    et vous me mettez dans l’embarras!
    pourquoi?
    parce que d’une part je vais encore devoir faire vos louanges, pour votre style, votre sens de l’observation et de l’analyse, bref pour la qualité du travail que vous fournissez (une fois encore) et l’enthousiasme que l’on perçoit que vous y mettez chaque fois…on va finir par croire que vous me rétribuez pour cela (allons bon, ce n’est ici que mon deuxième commentaire, mais allez savoir… certains sont tellement tordus!!) (ceci dit je ne suis pas fermée à une proposition dans ce sens…. oui, oh ça va! c’était trop facile. pardon.).  
    d’autre part, je pense que vous avez fait le tour de la question de façon assez complète, même si j’eus aimé y trouver quelques références littéraires ou des illustrations actuelles autres que votre propre vécu. c’eut été la cerise sur le gâteau. que voulez-vous, je vieillis mal, je deviens exigeante! d’autant plus que vous me rappeler douloureusement ma (pauvre) condition de femme vouée au « désattrait » sexuel (si vous me passez ce néologisme), il faut bien se venger d’une manière ou d’une autre (basse vengeance s’il en est, mais je me trompe d’objet sans doute)! 
    bref, tout ça pour dire que je ne vois pas comment enrichir le débat…. quand on sait qu’il y eut un moment où l’ANPE proposait des emplois avec des contrats dits aidés à des personnes âgées de 45 ans (alors que cette mesure bénéficiait au plus de 50 ans au préalable…), effectivement alors on est vieux plus jeunes. Mais cela conduit à bien d’autres débats!
    soit dit en passant, j’attends avec impatience cet article sur les modèles privés que vous rendez fort alléchant… j’avoue lire cette expression toute nouvelle pour moi pour la première fois et j’ai hâte de voir ce que vous entendez par là…
    enfin, j’ai beaucoup apprécié le passage minitel (que de souvenirs, mes aïeux!! des résultats du bac et autres recherches de n° de téléphone en passant par des jeux télévisés – ancêtre des sms – … non, pas le minitel rose…trop jeune et trop pure à l’époque!), et, j’ose l’avouer , parce que vous vous y dévoiler un peu, ce qui nourrit ma curiosité!!
    d’ailleurs, pour conclure, je dirais que la clé réside dans la capacité de chacun à cultiver sa curiosité et son amour de la vie: ainsi on resterait jeune d’une certaine manière, et on ferait sinon reculer la fin,  tout du moins on apprivoiserait ses peurs à y être confronté (à la fin, et même plus précisément à sa propre fin) et à considérer cela comme un nouveau départ plutot qu’une conclusion… mais je dérive vers un sujet à tendance plus… « spirituelle », déjà abordé il me semble dans un précédent article… 
    au final, je ne suis pas sure d’avoir répondu à votre première demande! je tacherai de faire mieux une prochaine fois…j’ai encore le temps d’apprendre! !)
     

    1. Chère lectrice (pour l’heure gratuite),

      Navré de vous mettre dans l’embarras, mais ravi que l’origine de cette gêne soit un compliment à mon égard ! Merci beaucoup.

      Allons bon, la valeur ajoutée du blogueur ne se situe plus dans son vécu propre, mince. Je vous passerai pour cette fois cette expression de votre vengeance féminine.

      Pour être honnête, lorsque je pense au « jeunisme » parmi les personnages de la littérature, il n’y a pas grand chose qui me saute au visage. Un peu de Maupassant (« Le vieux », et puis aussi cette nouvelle dont j’ai oublié le nom mais dans laquelle des andouilles mettent leur dessert sous le nez du grand-père pour le lui retirer sous prétexte d’interdiction médicale – Guy était-il gérontophile ?), mais ça me semble un peu différent. L’arrivisme de Bel-Ami (encore du père Guy, décidément – je ne fais pourtant aucune cristallisation sur lui) ? Mouaif. A la limite, l’opposition Cyrano/Christian serait plus pertinente, mais enfin, ça ne va pas extrêmement loin. 
       
      Non, je sèche un peu. Je suis preneur de références d’intérêt sur le sujet !

      A propos de l’emploi, c’est tout de même plus français que mondial, cette aversion à paye plus cher un expérimenté qui rapportera plus à l’entreprise, cette peur de celui ou celle qui a roulé sa bosse et n’est pas formaté à la « culture d’entreprise » (qui pourrait donc avoir du recul et estimer que certaines des pratiques de la boîte sont contre-productives, voire connes). Le chômage des cinquantenaire est un drame chez nous.

      Enfin, en ce qui concerne le fait de nourrir la curiosité, figurez-vous que j’ai même excité la mienne :  qu’ai-je donc bien pu vouloir dire par « modèles privés » ?

  6. Intéressant billet ! Il est bien vrai que nous sommes tous le vieux ou la vieille de quelqu’un ! Aussi bien faire comme on l’entend alors et oser, n’est-ce pas ? Quitte à se tromper ! Et à recommencer ! Ou à la limite, à faire une thérapie :-)
    J’adore la photo que tu as mise (celle des mains bien sur !)  Elle est tout simplement magnifique !
    Une bonne journée !
    Marie

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