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La vérité de l’idiot

Rain Man

Ce n'est pas parce qu'il a l'air crétin qu'il n'y a pas VRAIMENT 2587 cure-dents sur la table…

Heureux les simples d’esprit(1)

Nouveau testament, Evangile selon Saint Matthieu, chapitre 5, verset 3 : les béatitudes – selon une ancienne traduction(2)

Oui, la simplicité d’esprit ne nous emmène pas nécessairement vers le malheur, tant il est vrai que « l’intelligence est le seul outil qui permet à l’homme de mesurer l’étendue de son malheur », comme le disait Desproges, paix à son âme (et Dieu lâche la mienne). Mais surtout, ce qui est simple n’est pas nécessairement faux. Je serais presque tenté de dire, malgré la complexité apparente du monde qui nous entoure : bien au contraire. La quête de l’intelligence, c’est à dire celle de la compréhension, ne correspond en général pas à la construction encyclopédique de la plus grande variété possible de savoirs éparses sur lesquels on se livrerait à une sorte de taxinomie désordonnée. Au contraire, le sage comme le scientifique recherche dans cette variété l’unité profonde qui s’y camoufle. La compréhension réelle des choses s’opère en les faisant découler des règles les plus simples et les moins nombreuses possibles. Le physicien recherche inlassablement l’équation unique et simple d’où il tirerait tous les phénomènes de l’Univers. Le psychologue et le sociologue tentent de faire dériver toute la richesse du comportement humain et de ses interactions de quelques principes de base(3), de même que l’économiste d’ailleurs. Le philosophe, qu’il soit oriental ou occidental, n’a de cesse d’obtenir de la vie une vision simple et claire, profonde. Et ne mélange pas « compliqué » et « subtil ».

Si vous butez sur un concept et que vous demandez explication au jeune élève qui vient de l’apprendre et qui n’a pas encore de recul ni de réelle compréhension de celui-ci, vous obtiendrez une réponse extrêmement compliquée. Celui qui le maîtrise vous répondra simplement. De cette simple observation, vous pouvez déduire qu’il existe foison de raisonnements extrêmement complexes et érudits, mais pouvant néanmoins aboutir à conclusion fausse.

Examinons ça de plus près. Pour les besoins de l’expérience, mettons à contribution Norbert, un gentil bonhomme pas très fûté, ainsi que Léonard, un génie quelconque, et observons-les.

Léonard : – Allons mon bon Norbert, pourquoi regardes-tu le ciel ? Pour connaître sa couleur ?
Norbert : – Ben il est bleu, comme toujours.
Léonard : – Ah, mon pauvre vieux, tu n’y connais vraiment rien. Tout d’abord, de quel ciel parlons-nous ? Qu’est-ce que « le ciel » ? Ce que tu vois en levant les yeux vers le haut ? Mais le haut n’est pas une notion absolue, elle n’est définie que localement ! La direction qui te semble être le haut peut aussi bien être le bas pour des néo-zélandais, qui y verrait alors le vert de leur prairies, mon pauvre vieux ! Et puis, depuis quel endroit ? Sur Mars le ciel est rose ; sur la Lune, il est noir, et jaune sur Vénus. Comment peux-tu t’accrocher ainsi à la croyance que le ciel serait bleu ? Mais qu’entends-tu à la météorologie ? L’air se charge en permanence de vapeur d’eau  qui, finissant par se condenser, forme des gouttelettes d’eau en suspension réfractant la lumière dans toutes les directions, et donc étant par définition blancs.  Voilà ce qui colore ton ciel. Car sa couleur est issue de l’interaction des ondes électromagnétiques, si bien décrites par les équations de monsieur Maxwell, avec les molécules d’azote, ce qui, je le suppose, ne te parle guère plus, vu ta faible inclinaison pour les choses de la science et des mathématiques (je suppose que si je te dis que le rotationnel du champ magnétique vaut mu zéro j plus mu zéro epsilon zéro dE/dt, ça ne te dis rien, naturellement). Il s’agit là de la diffusion, mon ami, la diffusion de la lumière du soleil, que tu crois jaune et qui est en fait une étoile verte(4), et ceci n’a jamais produit de bleu. Si tu observes avec un filtre bleu un objet jaune ou vert, tu n’y vois que du noir. Et on ne change pas l’énergie individuelle des photons comme ça ! Paul Eluard a d’ailleurs écrit le très célèbre « La terre est bleue comme une orange », le premier vers du 7ème poème du premier chapitre « Premièrement » composant le recueil « L’amour la poésie » de 1929 dont le titre lui fut inspiré par sa fille de 10 ans. Or il est connu que lorsqu’un observateur se place sous un oranger et lève les yeux, les oranges se détachent nettement du ciel à ses yeux. Ce qui prouve donc qu’ils ne sont pas de la même couleur. Tout honnête homme d’éducation commune peut suivre ce raisonnement. Mais l’orange étant un fruit de couleur bleu, comme Eluard l’exprime – mais toi, évidemment, Eluard, tu ne l’as pas lu – le ciel ne saurait, par là même être lui aussi de couleur bleue, contrairement à la croyance populaire commune des gens non instruit, croyance évoquée par le grand sculteur Alberto Giacometti – encore un inconnu pour toi, j’imagine – lorsqu’il lançât à l’intention des contestataires ignares  « le ciel n’est bleu que par convention, mais rouge en réalité. »
Norbert : – Mais… Regarde, lève les yeux : il est bleu, tout de même…
Léonard : – Je n’ai pas besoin de regarder : je viens de te démontrer qu’il n’en était rien. Tu entends contrer ma démonstration ?
Norbert : –
Léonard : – C’est bien ce qu’il me semblait.

Qui diable a donc raison, l’érudit ou le naïf ? Je vous en laisse juge. En math, on aime bien faire des tours de passe-passe de temps en temps, de l’humour de matheux, quoi… Par exemple, on pose que a=b=1, donc que a²=ab, d’où a² – b² = ab – b², ce qui nous amène à (a+b)(a-b)=b(a-b), puis par simplification à a+b=b, ce qui signifie que 1+1=1. On peut rendre ce raisonnement aussi complexe que l’on veut. Prenons l’homme de la rue, qui risque de ne pas voir du premier coup d’œil ce qui cloche dans cette démonstration (et encore moins dans la version qu’on aura à loisir complexifiée), mais qui a dans l’idée que 1+1 = 2, malgré sa méconnaissance crasse de l’art mathématique. Ne serait-il pas tentant de donner raison à celui qui semble le plus érudit ? D’autant qu’il apporte un raisonnement complet de ce qu’il avance, que son détracteur simpliste n’est pas en mesure de contrer. Doit-on démonter systématiquement tout raisonnement adverse pour garder le droit de clamer que un et un font deux ?

Les raisonnements fallacieux, ou flous, imprécis, comportant des raccourcis cavaliers, des généralisations douteuses et des parallèles approximatifs sont légion dans la vie courante – et je ne vous parle même pas de ce que l’on peut trouver sur le net. Le problème est assez subtil, car si le débat basé sur des idées, des raisonnements et des démonstrations est la base de l’avancement des idées – qu’elles soient scientifiques, philosophiques, politiques, voire non classées – se pourrir la vie à démonter toutes les âneries qui passent est particulièrement contre-productif et risque de masquer la forêt à cause d’un arbuste. Nous voici dans une situation dans laquelle nous arrivons de notre côté à une « vérité », que nous devons choisir tantôt de confronter avec celle du voisin pour avancer, tantôt de considérer sans nous préoccuper du raisonnement du voisin… eh bien, pour avancer aussi.

Les raisonnements qui nous font perdre notre temps sont de deux ordres, ou plutôt procèdent de deux types distincts de mécanismes. Le premier d’entre eux est d’instiller le bien fondé de la démarche par la multitude de données, une avalanche de résultats étant statistiquement attribuée à une vérité (s’il y avait de la fumée sans feu, ça se saurait(5)…) Un exemple d’un tel procédé se trouve dans la « démonstration » apportée par les théoriciens du complots du fait que l’homme n’a jamais marché sur la lune, et certainement pas sur lors de la mission Appolo 11 qui n’est qu’une collection de documents faux créé de toute pièce. Le procédé utilisé consiste à inonder  le monde de tellement de micro-démonstrations fausses qu’on ne peut toutes les contredire. On déborde l’interlocuteur de faits vaseux, mais leur nombre fait leur force. Il n’y a qu’à voir combien de personnes dans le monde pensent réellement que l’Homme n’a pas posé le pied sur le sol lunaire(6) pour se convaincre de la puissance de la technique. Deux stratégies de raisonnement sont possible face à ce genre de « théorie » : l’ignorance dédaigneuse (en suivant les traces du grand Audiard : « Les cons je ne leur parle pas, ça les éduque »), ou bien l’exposition d’un raisonnement simple démontrant le fait plutôt que de laisser la partie « adverse » dicter les règles du jeu, ce qu’il se passera si vous vous positionnez par rapport à leur argumentation (et vous fera perdre de précieuses semaines de vie).

Mais je ne puis passer sous silence l’autre mécanisme annoncé, étant grand fan de Pierre Desproges, nourrissant une certaine admiration pour Alain Soral et étant surtout un ancien (j’espère) pratiquant (non dénué de talent selon ma modestie légendaire) du principe. Il s’agit de  l’incontournable, la délicieuse, l’invincible surtout, mauvaise foi. Celle grâce à laquelle Cyrano de Bergerac provoque un fâcheux dans la pièce éponyme (Vous regardez mon nez ? Non ! Pourquoi, il vous dégoûte ? Alors vous l’avez regardé, etc.), celle avec laquelle Soral, lors des présidentielles de 2007, balaye toute discussion sur le caractère fascisant ou non du Front National (« C’est ridicule de les comparer aux Nazis, ils ne veulent pas envahir la Pologne »),  celle qui permet aux sophistes de vous démontrer que vous êtes un chien (c’est ton chien, il est père et t’appartient, c’est donc ton père, tu es par conséquent son fils : tu es un chiot).

La mauvaise foi est une technique toujours possible au sein d’une discussion en langage humain, un langage par nature « mou », c’est à dire sujet à interprétations multiples  (à l’inverse par exemple d’un langage informatique, qualifié par là de « dur » en ce sens qu’il ne laisse guère la place à l’ambigüité). Il faut impérativement admettre son existence et s’attendre à la rencontrer régulièrement. Et de même que le théorème de Gödel nous enseigne que dans toute théorie fermée (répondant à quelques critères très généraux) vous aurez des proposition que vous ne pourrez ni démontrer ni réfuter (elles sont qualifiées d' »indécidables »), il ne sera en général pas possible de contrer l’habile « mauvaisefoi-iste » au sein de sa propre logique, dont il conviendra (à moins de n’être persuadé d’être plus habile que lui à ce petit jeu, et encore, vous ne pourrez « gagner » que vis-à-vis d’éventuels observateurs extérieurs, pas lui faire admettre ses errements) de sortir immédiatement, comme pour le premier mécanisme. Le simple fait de suivre leur règles est une défaite.

L’équilibre fin auquel vous êtes confronté est le suivant : vous ne devez en aucun cas aboutir à la fuite systématique de débat d’idées argumenté – sinon, vous n’avancerez jamais. Néanmoins, il vous faut éviter ceux dans lesquels les deux parties ne sont pas capables in fine de changer potentiellement d’avis. Votre de partenaire de discussion tout autant que vous devez être capable d’adapter honnêtement votre opinion au suivi du raisonnement. Sinon, vous êtes en perte totale de temps et d’énergie. Je vous rappelle en effet que votre but est la recherche de la vérité(7) et non de chercher à conforter votre ego. Il vous faut donc fuir les débats stériles afin de garder votre temps et votre énergie pour ce qui en vaut la peine. Dit comme ça, c’est trivial, certes, mais dans la réalité, ce n’est guère ce que l’on observe… Reste à savoir reconnaître qu’un débat s’apprête à être stérile. Ça mériterait un article, tiens… Bref, ordinairement, je ne suis, malgré mon pragmatisme opérationnel(8), pas un adepte du vite fait mal fait(9), mais dans le cas de la complexification de pensée utilisé en guide de masturbation, « Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche. » (Michel, si tu nous regardes…)


(1) Oui, je sais, je continue dans les citations…

(2) Notez à propos que cette phrase évangélique procède d’une erreur de traduction (due à plusieurs couches de traduc, au moins grec vers latin puis latin vers français), le sens originel en étant plutôt « heureux les pauvres en esprit », entendez ceux qui pensent comme s’ils étaient pauvres, qui ne s’attachent pas aux valeurs matérielles.

(3) En science, on appelle ça un modèle.

(4) Sans rire, c’est vrai : le maximum d’émission lumineuse du soleil se trouve dans le vert.

(5) Des proverbes, maintenant, tttt… Acide Ici, ce n’est plus ce que c’était. En lieu et place, Coluche aurait plutôt dit « ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison, ces cons ».

(6) D’après le numéro 3008 de l’Express en date du 26 Février 2009, page 82 : 22% des américains pensent que l’Homme n’a jamais mis le pied sur la lune.

(7) Ou, pour reprendre mon slogan, vous recherchez « une vie moins conne ».

(8) Ce sera le thème d’un futur article, mais en résumé grossier, j’estime que la vie devrait se décomposer en gros en un premier tiers d’explorations « théoriques » suivi de deux tiers durant lesquels le pragmatisme doit être très majoritaire.

(9) Parfois érigé en « valeur d’entreprise » (je suis absolument fan de ce genre de vocable pipeau brassant du vent). Par exemple, l’énormissime géant de l’agro-alimentaire nord-américain Mapple Leaf compte parmi ses « valeurs d’entreprise » la perle suivante : « have a bias for action », soit « ayez un penchant pour l’action », qui amène les managers à récompenser ceux qui agissent en prenant un temps de réflexion nul.

21 commentaires

  1. Piotr dit :

    Je ne suis pas d’accord et j’ai raison !

    • Matt dit :

      Hum… Tu cherches à illustrer spécifiquement le titre de l’article ? ;) ;) ;)

      • Piotr dit :

        Oui, tu l’as remarque aussi facilement ^^

        • Matt dit :

          Coquin.

          Je suis heureux de te compter parmi mes lecteurs, je pensais t’avoir paumé après ma série sur les citations. ;)

          • Piotr dit :

            J’avoue que 5 articles d’un coup, à la chaine, c’est comme un méga cône de glace, on frise l’overdose… j’aurai espacé ce dossier en l’entrecoupant d’autres articles pour distiller le plaisir au compte goutte. La, comme Joel, submergé par l’info, mon cerveau a tel les flippers, retentit d’un tilt assourdissant pour plonger dans les limbes de l’abrutissement webien !
            Mais sinon oui, je rode toujours et ton long article ne me fait même pas peur ^^
             
            De plus, les citations, c’est, à mes yeux; de la pensée premachée et je préfère la tienne, même si elle n’est pas toujours comparable à la beauté de certaines de ces petites phrases, au moins, j’ai en face de moi un vivant qui joue de sa prose et non avec les asticots…

  2. Matt dit :

    Note qu’il existe de grands auteurs encore en vie (mais peut-être plein d’asticots tout de même…) Nan mais j’admets que j’ai charrié, j’aurais dû me contenter d’un seul article de ce genre, avec un choix d’une vingtaine de citations, ça aurait suffit à l’exercice de style.

    Mais tu as là je pense mon plus long article depuis le début de ce blog. Si tu as tout lu, tu m’épates ! :)

    • Piotr dit :

      Par contre pour la photo, très beau film, mais j’ai oublie le titre… mais l’autisme, je ne sais pas si cela peut être une forme de stupidité… vu que c’est lie a une maladie, ils ont aussi des formes de « génie » en compensation… capacité de mémorisation, de comptage exceptionnelles, sensibilité émotionnelle exacerbée…

      • Matt dit :

        La photo, c’est Rain Man. J’ai choisi l’autiste doué de capacités surprenantes pour son ancienne dénomination d' »idiot savant ». Attention par contre à ne pas croire que tous les autistes sont des génies de l’arithmétique, ont une mémoire photographique ou l’oreille absolue : il ne s’agit-là que d’une petite minorité…

  3. Sandrine dit :

    Waouh, il est un peu tôt ce matin et commencer par un tel article, c’est un beau challenge tant tu nous offres de possibilités d’échanges. Car c’est peut être aussi simplement cela non, échanger pour s’enrichir, utiliser sa naïveté pour rester ouvert et grandir ?
    Pourquoi y aurait un avis auquel se conformer ? Pourquoi y aurait -il d’un côté les sages et de l’autre les idiots ? Enfin la mauvaise foi est-ce l’art de se convaincre que l’on a raison ou que l’autre a tort ? Bref me voilà avec moult questions existentielles pour les semaines à venir… ;)
     
     

    • Matt dit :

      « Utiliser sa naïveté pour rester ouvert » : oui, voilà un beau résumé de la vérité de l’idiot. « Demeurer capable de douter » en serait un autre. Attention au « échanger pour s’enrichir », qui est difficile à doser car à double tranchant. Dans mon petit exemple, Norbert échange avec Léonard, mais son enrichissement n’est pas évident…

       

      « La mauvaise foi est-ce l’art de se convaincre que l’on a raison ou que l’autre a tort ? »: décidément, tu as le sens de la formule synthétique. Ma vision de la chose est que, puisque c’est l’ego qui est aux commandes, le but est premièrement de te convaincre que tu as raison, et en second plan de te convaincre que tu es meilleur que l’autre, donc de te rassurer sur ta valeur.

  4. Cet article me fait penser à ce qu’un copain de l’université m’avait dit un jour à propose de l’intelligence: Être intelligent, c’est l’être assez pour ne pas faire chier les autres avec!  J’avais trouvé ça assez vrai d’ailleurs!  Et il avait ajouté: c’est aussi être capable de faire valoir nos opinions mais juste assez, pas trop, surtout quand tu vois que l’autre en face est juste assez bouché pour ne pas apprécier ton opinion. Là tu arrêtes, car c’est peine perdue.

    Bon, peut-être extrême comme façon de voir les choses mais sympathique, ça démontre en tout cas que le partage d’idées et de connaissances n’est pas toujours aussi simple qu’il n’y paraît de prime abord!

    Pour l’autisme, effectivement le génie n’est pas un point commun.  En fait, je crois qu’on parle dans ces cas de syndrome d’Asperger, non? Dommage pour ces gens que les films laissent croire que tous les autismes sont des gens hyper intelligents… il faut voir les jeunes autismes enfermés dans leur monde, c’est d’une tristesse, surtout pour les parents.

    • Matt dit :

      Oui, il y a les atteints du syndrome du savant (c’est plutôt la mémoire, je crois), les Asperger, les autistes de haut niveau (il me semble que certains auteurs différencient les deux, au niveau des capacité linguistiques entre autres)… Et pi tous les autistes « ordinaires », qui ne « bénéficient » pas des compétences en question. Après, savoir si l’autiste est heureux ou non, ça dépasse largement mes maigres compétences, mais si quelqu’un peut intervenir sur le sujet, ce serait très intéressant. En ce qui concerne leurs parents, par contre…

       

      « Être intelligent, c’est l’être assez pour ne pas faire chier les autres avec » : certes, il y a pas mal de genre d’intelligences, et l’une d’entre elle est l’intelligence sociale, humaine, sensible. Tout le monde n’en est pas doté ! ;)

  5. Solal dit :

    Tiens ça me fait penser à un article sur l’origine du langage. http://www.nytimes.com/2011/04/15/science/15language.html
    Cette étude est contredite avec beaucoup de justesse dans celui ci http://languagelog.ldc.upenn.edu/nll/?p=3090
    « But there’s something about Atkinson’s « Total Phoneme Diversity » that should strike you as odd. Tone, vowel, and consonant « diversity » are weighted equally, although the numbers of alternatives and the contribution to syllable- or word-level « diversity » are radically different in the three cases. Thus losing a single tone would generally  reduce « Total Phoneme Diversity » by as much as losing about 10 consonants would. »

    Sans aller chercher plus loin on serait tenté de croire les arguments massues du premier article alors qu’à l’évidence il part de postulats biaisés.

    P.S : Matt tu m’as tué avec ton histoire de soleil vert, je me sens vraiment con maintenant…

    • Matt dit :

      Énorme !! En effet, lorsque tu lis juste le NYTime’s, c’est clair… Mais la lecture de la contre-étude est sévère ! Déjà, lorsque je vois le nuage de points et la régression linéaire (en log-lin), je me dis qu’il faut un peu les yeux de la foi et que l’écart-type a une sale tronche. Mais en effet, c’est sur l’analyse des postulats que tout repose.
      Il y aurait beaucoup à dire sur le processus de réflexion honnête à la recherche de la vérité, tant en science qu’en philosophie, en politique ou dans la vie de tous les jours. D’ailleurs, il faut que je me fasse quelques articles sur le sujet. En l’occurrence, et malgré mon farouche attachement à la recherche de la perception du « tableau complet » dans toute situation, ça me fait penser au proverbe « le diable est dans les détails ». Un dicton qui n’est guère apprécié des gourous de sectes ni des commerciaux malhonnêtes : à gros trait, tout fonctionne toujours. Il faut se méfier de ceux qui escamotent les détails…
      Quant à la dominance spectrale du vert pour le soleil, il n’y a pas de honte : ça ne se voit pas vraiment ! :)

  6. Martin dit :

    Le soleil est plutôt orange/rouge que vert non? Il n’y a qu’a voir les photos du soleil vu de l’espace. Quand a ton raisonnement mathématique, il est bidon car tu simplifie une multiplication par 0 des 2 côtés. C’est comme si je dis 20*0 = 5*0. 5 = 20. Avoir 5/20 et 20/20 revient au même. J’ai déjà essayé, ca n’a pas marché auprès de mes parents quand j’étais au collège/lycée…

    • Matt dit :

      Le maximum d’émission du soleil est dans le vert (cf. le corps noir à 5770 K). On le perçoit essentiellement blanc (très légèrement jaune si tu veux lorsque l’atmosphère diffuse son bleu dans le ciel – mais je doute que tu vois tes t-shirts blancs très jaunes à la lumière du jour – ou orange lorsqu’il est bas sur l’horizon et qu’il traverse plus d’air, qui pour le coup diffuse vraiment beaucoup de son bleu) parce que le spectre est assez plat et qu’il envoie pas mal de rouge et de bleu de part et d’autre de son vert. L’œil n’est pas un spectroscope… ;)

      La simplification par zéro n’était qu’un exemple basique d’un truc qui a l’air savant mais qui déconne, et que beaucoup de gens ne comprendraient pas (hormis tes parents) sans pour autant avoir tort. :-)

  7. Martin dit :

    OK, je vois. Merci pour ta réponse. Mais pourquoi on voit des images comme http://www.planet-techno-science.com/wp-content/upLoads/soleil.jpg? Je pensais que le soleil était une étoile plutot froide (seulemtn 5700 K) d’ou une couleur qui vire au rouge, couleur typique des etoiles « froides »?
     
    A bientôt

  8. Roland dit :

    A bien regarder, Norbert est moins borné. Il ne regarde pas le doigt, lui (slurp !)

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