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Et Murphy dit : « I am the law » – 3 : un cran plus loin

Coup de pied au cul

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analyse

Après avoir défini le système de pensée de Murphy puis exploré les analyses de premier niveau à son sujet, accédons dans ce dernier volet aux outils d’analyse copyrightés Acide Ici, afin d’être armé contre toute crise de Murphisme aigü.

Il vous manque des éléments d’analyse

Dernière hypothèse quant à votre personne, donc. Les trois explications précédemment évoquées sont relativement courantes dans leur essence, et même si j’en effectue une synthèse assez personnelle, ce n’est pas ce que j’ai fait de plus puissant en termes de valeur ajoutée. Pour me rattraper, je vous propose deux outils d’analyses estampillés Acide Ici, que vous ne devriez pas trouver partout. Plus un troisième en guise de conclusion.

 

1. Les séries et l’esprit

Il se peut tout d’abord que vous soyez l’innocente victime de la terrible « loi des séries ». Ça arrive à  tout le monde. Eh oui, ami lecteur, tu es équipé d’un cerveau (j’aime l’idée de n’avoir pour lecteurs que des gens équipés de cerveau). Un système nerveux central, ce n’est pas là pour faire joli : ça résout des problèmes. De survie, à la base. Et son mode de fonctionnement de prédilection, soit dit en passant, ce n’est pas la « logique formelle », celle avec des « ou », des « et », des « non », des hypothèses et leurs déductions comme on les apprends à l’école à coup de syllogisme. Non, ça, c’est la modélisation d’une logique différente, en utilisant des paquets de neurones pour simuler un fonctionnement autre. Mais passons.

Notre système nerveux, donc, est fait pour détecter des répétitions, des points communs à généraliser, bref, des « patterns » en anglais. Par exemple, une vieille expérience avec des réseaux neuronaux (informatiques) cherchait à faire apprendre au programme la différence entre des poteaux et des arbres (par l’algorithme de rétropropagation du gradient, pour les intéressés) en utilisant diverse images et en lui indiquant lesquelles étaient des arbres. Au final, on s’est rendu compte que c’était la présence systématique de nuages sur les photos d’arbre, contrairement à celles présentant des poteaux, que le réseau avait appris à reconnaitre…

De la même manière, j’ai vu, dans une émission américaine de Pen and Teller, des illuminés qui voyaient Jésus les regarder chez eux parce que deux nœuds du bois de leur porte leur faisaient penser à deux yeux. Le circuit de reconnaissance des visages existe, donc il cherche des motifs, et dès que ça l’active, hop, « quelqu’un vous regarde ». Faites-en l’expérience vous-même : regardez cette image durant quelques temps. Au début, vous n’y verrez qu’un paysage, et au fil des minutes, il n’y aura plus que des visages (et impossible de revenir en arrière, contrairement aux phénomènes dits de bistabilité). Au passage, certains circuits, comme l’augmentation des contrastes ou la détection de mouvements (très utiles pour repérer par exemple un prédateur caché), sont partiellement déportés directement derrière le nerf optique : si certaines illusions d’optique, comme ces quelques classiques, fonctionnent, ce n’est même pas dans la tête que ça se passe…

Ce qu’il se passe au niveau des yeux se généralise. D’autant que, rappelons-le, les « fausses alarmes » ne sont pas grave en termes de sélection naturelle : elles ne vous mettent en général pas en danger (sinon il ne resteraient plus sur terre de superstitieux, ni d’astrologue – ce ne serait pas mal, vous me direz). La non détection, en revanche, peut s’avérer mortelle. Donc si ça fait deux fois que vous mangez des nouilles et qu’il fait de l’orage, vous abriter des éclairs dès que quelqu’un fait bouillir de l’eau est un comportement plutôt sain. Alors que ne pas courir vers une clairière lorsque vous entendez un grondement sourd ne vous pardonnera guère si vous habitez en zone sismique.

C’est de là que vous vient cette recherche constante de corrélation dans tout (et le refus pathologique du concept de coïncidence chez certains), cette manie d’explications sensibles à coup de dieux de l’Olympe, etc. Vous êtes fait entre autres pour supposer du Murphy, et pour être très mauvais dans l’estimation du hasard statistique.

Si si, vous êtes mauvais à ce jeu. Enfin, vous, moi, et probablement tout ce que nous connaissons muni d’un système nerveux central. Une démonstration ? Tu es exigeant, lecteur. Mais entendu. J’ai été obligé de me faire un mini modèle physique puis de me coltiner l’apprentissage d’un outil me permettant de créer un petit programme que je pourrais inclure sous forme d’applet sur ce blog, tout ceci afin de satisfaire ta curiosité. Tu en trouveras, des blogueurs aussi consciencieux que moi.

Voici donc quatre images. Elles représentent des points, disposé selon une interaction entre les dits points. Je me suis permis de les agencer selon, à chaque fois, une force que j’ai choisie attractive ou répulsive à ma convenance, et de l’intensité qui me plaisait. Sur les quatre images, une seule est le fruit du pur hasard. Saurez-vous deviner de laquelle il s’agit ? Faites-vous votre idée avant de lire la suite.

Hasard ? Première proposition

Hasard ? Deuxième proposition

Hasard ? Troisième proposition

Hasard ? Quatrième proposition

 

Allez, avouez, vous avez choisi la 4, hein ? En fait, la 4 est celle générée avec la répulsion la plus forte ; la 3 avec une répulsion intermédiaire ; la 2 avec une faible répulsion ; et la 1 est due au hasard. Il n’y a pas d’attraction parmi ces images. Le hasard, ça fait des paquets et des trous, des séries et du vide. Si 8 personnes se présentent à vous en moyenne par jour, sur votre journée de 8 heures, et que vous mettez une heure à traiter chaque cas, seule une « force » (un mécanisme de planification) pourra faire en sorte que vous n’ayez en général qu’une personne à attendre devant votre guichet. Si on laisse le hasard faire, vous aurez des pics de 4 ou 5 personnes faisant la queue, et personne le reste du temps. Vous doutez ? Amusez-vous avec la petite application que j’ai créé ; générez des points aléatoirement et regardez de quelle force de répulsion vous avez besoin pour atteindre le genre de « hasard » que vous auriez attendu. Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :

Tester le hasard

2. L’influence du contexteHimalaya

Il existe des séries d’événements qui ne sont pas indépendants. Si vous roulez très vite parce que vous êtes en retard, vous avez plus de chances de vous faire arrêter par les flics, ce qui vous fera perdre encore plus de temps, d’argent et de points sur votre permis. D’autant que si vous étiez si pressé, c’est que ce rendez-vous concernait une embauche, parce que justement, vous n’en avez plus, des sous. Cochonnerie de Murphy.

Petit aparté : l’Himalaya, la plus haute chaîne de montagne du monde, abrite les dix plus hautes montagnes du monde, et l’ensemble des 14 sommets de la planète à culminer à plus de 8 000 mètres d’altitude (l’Everest à 8844 m, le K2 à 8611 m, le Kangchenjunga à 8586 m, le Lhotse à 8516 m, le Makalu à 8463 m, le Cho Oyu à 8201 m, le Dhaulagiri à 8167 m, le Manaslu à 8163 m, le Nanga Parbat à 8126 m et l’Annapurna à 8091 m). Ça ne vous paraît pas « Murphyesque », ça ?

Vous avez compris l’idée. C’est dans les plus hautes chaînes de montagnes que l’on trouve les plus hautes montagnes. Elle partent d’un socle déjà très élevé. De même, une variation des conditions extérieures dans le mauvais sens (ce qui se produira inévitablement) sera une petite gêne si tout va bien, ou une catastrophe si l’on est déjà dans un contexte très mauvais. Si l’on réfléchit avec des seuils, au delà duquel on considère que c’est vraiment la panade, alors, dans les contextes problématiques, ces petites variations produiront de magnifiques séries d’embêtements à la chaîne, et les rappeurs pourront lancer un délicieux « Murphy est dans la place !!! »

Ce mécanisme est représenté dans le schéma ci-dessous.

Murphy des Montagnes

Explication contextuelle de Murphy – Courtesy of ACDC Mentorat

I am the law

Murphy dans un grand jour. La loi, c’est lui…

 

3. Le Murphy autoréalisant – actes manqués et autosabotage

Enfin, et en guise de conclusion à cette série d’articles, si vous avez décidé que vous avez le mauvais œil, la chkoumoune, que la malchance existe, vous a choisi et vous colle à la peau… Eh bien vous avez raison. L’Univers entier vous montrera des signes de ce que vous voulez voir (cf. paragraphe 1.), et surtout, surtout, vous allez les produire vous-même en pagaille. Vous serez l’artisan de votre malheur avec plus d’efficacité que n’importe quel dieu chafouin et mal intentionné.

Nous vous conseillons de répéter en boucle, aux autres comme à vous-même, que vous allez vous planter : vous aurez la satisfaction d’être dans le vrai ! Vous serez fier d’avoir raison, non ?

4 commentaires

  1. Dudulelapendule dit :

    Paradoxe: Comment expliquer que lorsque l’on culmine sur la ligne de crête de la chaîne Empapaoutema 8000 on a le sentiment que tous les gens que l’on croise sont au mieux: au niveau 0 de l’échelle du tracas, au pire en train de faire de la spéléologie et de se trémousser le derrière hilares, à plat ventre dans des boyaux situés largement au dessous du seuil d’empapaoutement avèré. Peut on considèrer qu’en matière d’empapaoutement l’altitude peut nuire au discernement tout autant qu’en matière d’alpinisme? Le cerveau ne trouverait donc pas matière à s’oxygèner dans ces contrées? Cela expliquerait alors l’effet d’accumulation qui s’ensuit. Un cerveau mal oxygèné gènerera des actions inadaptées qui nous maintiendront dans ces hautes sphères de l’empapaoutement. 
    Conclusion: quand les tracas se présentent première chose à faire: inspirer bien fort (bien penser à expirer, aussi).
     

  2. Roland dit :

     « On ne voit que ce qu’on veut bien voir », si on résumé ^^. Les illustrations sont marrantes : celles des visages omniprésents (ils m’ont tout de suite sauté aux yeux, ceux des rochers), quand aux cercles concentriques, il faut avoir les yeux totalement immobiles pour que l’illusion de mouvement cesse.
     On ne peut même plus en croire nos yeux, coquin de Murphy ! ^^

  3. Raph dit :

    J’ai beaucoup aimé cette série d’articles consacrés à Murphy !
    Comme tu le disais je ne sais plus où, ce n’est pas forcément une grosse performance en termes de valeur ajoutée mais comme c’est bien écris et amusant et que dans les écrits, le style compte plus que le fond, c’est quand même une grosse performance en qualité de mise en forme de la valeur ajoutée existante. ;)

    Bravo Matt !

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