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Devenez ce que vous êtes

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Être ou ne pas être vous…

Cette phrase est initialement un vieux leitmotiv issus d’anciens forums plus ou moins orientés développement personnels. Ce genre d’assertion à l’avantage de faire jouer à fond l’effet entonnoir, sa polysémie faisant entrer à peu près toute interprétation du lecteur dans votre cadre. Avec la petite prime à l’ego offerte par le caractère profond et mystérieux de la phrase, qui vous permet de vous dire que vous seul en comprenez le sens profond, un peu comme dans un jargon. Je ne puis résister à cette occasion à citer ce chef d’œuvre du septième art que fût P.R.O.F.S:

Vous, les intellectuels, pour vous intéresser, c’est facile. On vous montre un œuf, vous imaginez tout de suite la poule, Christophe Colomb, tout ça. Mais pour intéresser même un con comme moi, il faut beaucoup de talent.
(Le personnage joué par Patrick Bruel, cité de mémoire)

Bref, moi qui avait dans l’idée d’écrire un article très court pour que vous puissiez enfin en lire un en moins de trois heures, je vois à la longueur de mon introduction qu’il va falloir que je me recadre très vite. Revenons donc à nos moutons.

Devenir quoi ?

Devenir ce que vous êtes, ce que vous serez, ce que vous étiez, ce que vous voulez être, ce que vous pensez être, ce que vous ne serez jamais… On a vraiment besoin de devenir quelque chose ???

Eh bien oui, vous avez besoin de devenir quelque chose. « Votre meilleur vous-même », comme on dit. Sinon, à quoi sert d’exister, je vous le demande ma brave dame ? Mais surtout, de devenir ce qui vous plaît le plus à vous. c’est à dire d’être conforme à l’image que vous avez de vous, et d’évoluer dans la direction d’un « vous ++ ».

C’est à dire que je vous enjoins à vous considérer comme celui ou celle que vous rêver d’être, parce qu’en fait, c’est vous. Non, je ne suis pas tombé malade, je ne fais pas dans le consensuel et je n’ai pas décidé de vous brosser dans le sens du poil (abonnez-vous à la newsletter, lisez le petit manifeste qui vous sera offert, et je pense que vous ne me prêterez plus jamais pareille intention…) C’est simplement que je voudrais que vous différenciiez la direction que vous prenez de la distance que vous avez déjà parcouru.

Imaginons que depuis des années, vous ayez été amené à faire la cuisine, à progresser dans ce domaine, à apprendre et à finir par être un véritable cordon bleu, un peu par intérêt moyen (car tout vous intéresse un minimum si vous êtes touche-à-tout »), un peu par « la force des choses » (oui, cette expression est détestable), mais qu’au fond, vous vous en fichiez un peu.

D’un autre côté, vous vouez une véritable passion à la peinture sur soie, vous accumulez les livres sur le sujet, vous pouvez rester des heures toutes les semaines scotché devant une expo de soieries peintes, vous passez vos samedi soirs à explorer le net à la recherche de photos et d’infos techniques sur le sujet. Bien que vous n’ayez jamais franchi le pas pour vous lancer dans la pratique de cette activité qui vous attire tant.

Dans ce cas, je vous propose, primo, de vous lancer dans votre passion sans plus attendre, sans perfectionnisme ni procrastination ; et secundo, de vous considérer immédiatement comme peintre sur soie, alors que vous ne vous estimerez jamais cordon bleu. Vous commencez à sentir ce que j’entends par « ce n’est pas le niveau, c’est la direction » ?

Être ce qui nous parle, pas ce que les autres voient de nous

Ainsi, ce n’est pas par comparaison avec je ne sais quel champion de je ne sais quelle discipline que vous pouvez définir les substantifs qui vous qualifient, mais uniquement par rapport à vos propres aspiration. Or les mots ont leur importances. Souvenez-vous : au tout début était le verbe…

Peu importe mon niveau dans ces activités, je me définis comme un musicien, un physicien, un écrivain, un skieur, et deux ou trois autres choses encore. Et vous ?

9 commentaires

  1. merci je suis tré content de lire cette article j’ais toujours le problème de se que les gens pensent de moi et donc je peux pas vivre comme je suis avez vous d’autre solution pour moi ??? svp 

    • Matt dit :

      Eh bien là, c’est un peu vague, non ? En développant un peu la question (et l’orthographe si possible), on pourrait en discuter.
       
      Je vais finir par me lancer dans le coaching/mentorat, moi ! :)

  2. oxymore dit :

    Comme a chacun de mes commentaires – c’est devenu une habitude entre nous hein – je ne serais pas d’accord. Autant sur la partie « lancez vous dans vos envies !’, je te suis, autant se definir comme est de l’ordre de l’usurpation.
    Le langage a cette valeur de faire de nous des usurpateurs – toute personne s’affirmant honnete ne peut qu’etre en defaut par rapport a son affirmation. Au mieux on est globalement honnete.
    Mais il y a des degres d’expertise. Peintre sur soi, sur soie, ce aue tu veux mais accole a debutant me parait un meilleur titre que peintre sur soie tout court. 
    Le contraire ne me semble pas autre chose qu’une de ces prides modernes sans fondement flottant dans le principe de plaisir au mepris du principe de realite et e l’epreuve de feu qu’elle implique. 

    • Matt dit :

      Ah, mon détracteur favori ! Et avec du lourd, cette fois : m’accuser d’être un chantre du nivellement par le bas. Le coup est rude, surtout lorsqu’on me lit et/ou me connaît.

      Mon but était ici, pour varier un peu les plaisirs, d’être plus constructif que conceptuel. Sans renier la valeur de « l’épreuve du feu », si je fais, je ne sais pas, moi, disons de la musique ou de l’écriture (pour rester dans mes marottes personnelles) et que je ne peux pas me qualifier de zicos ou d’écrivain, dans mon fort intérieur, là où je construis mon estime de moi, sous prétexte que Mozart ou Hugo ont existé, où vais-je trouver l’énergie d’avancer ?

  3. Lays dit :

    <blockquote cite= »Matt »> »Cette phrase est initialement un vieux leitmotiv issus d’anciens forums plus ou moins orientés développement personnels. « </blockquote>
    Non, cette phrase est issue de Pindare, le poète grec.
    IIe Pythique, v. 72 : « Puisses-tu devenir qui tu es en l’apprenant : genoi oios essi mathôn »  
    Sur le sujet, d’ailleurs :  http://www.jdarriulat.net/Auteurs/Nietzsche/Imperatifpresent/Imperatifpresent1.html
    Elle fut reprise par Nietzache. Donc bon, non, ce n’est pas une phrase originaire des forums de développement personnel. 

    • Matt dit :

      Oui, tu as raison. Après, j’ai dit qu’elle en était un leitmotiv, pas qu’elle y avait été créée. C’est un pendant assez complémentaire du « connais-toi toi-même » socratique. Merci pour ton complément d’informations, en tout cas ! :)

    • Roland dit :

      Quelque soit le domaine, et tant pis pour la tautologie, même les meilleurs ont d’abord été des débutants.
      Ce n’est pas parce que Vermeer a existé (heureusement !) que je devrais renoncer à la peinture à l’huile.

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