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Vampires d’énergie, personnalité positives et autres subtilités 2/2 : la vraie vie

Gérer son cercle social

Ah, gérer son cercle social, essentiel mais pas évident, n’est-ce pas ?

Dans le précédent article, nous avons examiné ce classique du développement personnel consistant à rayer de votre vie 90% de vos connaissances puis à ne cavaler qu’après un certain type défini de caractères, en leur criant « sois mon ami ». Nous avons donc rempli notre mission consistant à fournir au lecteur bête et fainéant une sorte de méthode à l’emporte-pièce pour lui faire croire qu’il a découvert la vie sans transpirer. Ce qui est l’essentiel.

Nous allons à présent nous demander s’il existe quelque alternative dans sa manière de gérer son cercle de connaissances.

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Un cran au dessus


Dans leur bouquin rigolo The One Minute Millionaire: The Enlightened Way to Wealth (en français : Réveillez le millionNaire qui est en vous : En route vers la richesse), bien pensant mais offrant néanmoins une vision assez motivante de l’enrichissement personnel (les motivationnals, c’est important aussi !), les auteurs nous proposent une grille de lecture de la réussite d’un projet. Leur concept s’intitule HOTS (jeu de mot, jeu de vélos), pour Hare Owl Turtle Squirrel (Lièvre Hibou Tortue Écureuil), en référence aux quatre types de caractères qu’ils identifient dans la population vis-à-vis de l’accomplissement d’un projet :

  • Les lièvres sont blindés d’idées, en sortent une, sont infoutus de la mettre en pratique dans le détail, donc créent une nouvelle idée.
  • Les hiboux sont des analystes et des organisateurs, ils aiment planifier.
  • Les tortues, qui peuvent avoir l’air négatives comme tout, vont nous mettre sous le nez tous les problèmes potentiels, toutes les erreurs par dessus lesquels les lièvres, par exemple, auront sauté allègrement.
  • Les écureuils sont des exécuteurs de plans (ceux du hibou, par exemple), méticuleux, se cognant des grandes idées, visions stratégiques et problèmes, aimant l’action, surtout accomplie jusqu’à son terme (note personnelle : si votre comptable n’est pas un écureuil, changez-en).

Ce sympathique bouquin recommande entre autres de monter une Dream Team équilibrée entre les quatre types de caractères pour mener à bien un projet. Il exhorte par conséquent, si vous regardez bien le concept droit dans les yeux, à trouver le point positif des tortues geignantes, des écureuils qui ont la tête dans le guidon, des hiboux trop mous et des lièvres sans profondeur ni persévérance. Au passage, il est assez instructif d’essayer de se placer soi-même sur cette grille. Je pense que seuls Superman et Chuck Norris sont capables d’exercer correctement les quatre rôles en même temps. Et encore, en ce qui concerne Superman, je n’en suis pas sûr.

Eh bien rien que cette petite théorie (qui peut s’avérer bien utile à connaître), qui demeure pourtant relativement grossière si on l’applique à la gestion de son entourage, je la trouve infiniment plus fin que la dichotomie « à virer »/ »courir après » introduite dans l’article précédent, qui ne doit s’appliquer que sur les cas les plus nets – mais avons-nous vraiment besoin de vous le dire ? Pour mettre en œuvre des principes généraux à votre vie, il vous faut soit un œil extérieur, soit des livres d’une grande finesse (les vrais livres, comme nous en parlions dans un autre article, par exemple).

Humains et contextes

Cercle social restreint

Vous voici avec un cercle social bien restreint…

Il est des personnalités sans intérêt, ou destructrices, ou affectées de plein d’autres problèmes qui rendront intolérable leur maintien dans votre entourage, c’est une affaire entendue. D’autre part, il est essentiel que vous évoluiez au seins des êtres que vous aurez choisi. Et puis, vous n’êtes pas là pour sauver les boulets d’eux-mêmes ni pour être leur ami(e) par charité. D’ailleurs, autant vous le dire tout de suite, c’est choquant mais vous ne pouvez rien pour eux – eux seuls peuvent.

Pour autant, si jusqu’ici vous avez tissé certains liens avec une personne affectée, comme tout humain (oserais-je dire « comme vous » ?), de qualités (vous vous êtes bien lié avec à un moment, non ?) comme de défauts, il est intéressant d’étudier les deux options suivantes, si par hasard vous deviez vous rendre compte que la personne en question n’est guère en phase avec ce que vous voulez faire de votre vie future :

  • Option 1 : La virer de votre existence (et tous ses semblables avec), version développement personnel pour les nuls. Essentiel pour les boulets. Discutable pour les autres.
  • Option 2 : Déterminer dans quel contexte vous pouvez côtoyer la personne (fête, sport, discussion sur la vie, analyse philosophique, soutien moral, entraide technique, accomplissement de projets de telle ou telle nature…) et dans quels contextes vous n’en voulez surtout pas (idem).

L’option 2 est celle qui vous autorise à segmenter la recherche de l’amitié/camaraderie/etc. « parfaite » : si vous ne trouvez pas un pool de personnes vous convenant en tous points, qu’est-ce qui vous empêche de prendre un peu de chaque pour créer l’entourage dans lequel vous vous épanouirez ? Parfois complexe en ce qui concerne les amitiés proches, la famille ou encore plus les relations amoureuses, la segmentation des amitiés moins proches, camaraderies, connaissances éloignées, etc. peut être un moyen de prendre le meilleur (selon votre point de vue) de chacun sans systématiquement rebâtir votre cercle social depuis zéro tous les quatre matins. Car tout ami vous décevra, et vous décevrez tout ami. C’est la vraie vie, vue par un adulte.

Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes

Le diable est dans les détails et la vertu dans la subtilité. Même si les explications simplistes ont des valeurs pédagogiques évidentes, à long terme, fuyez ceux qui n’ont pour vous que des recettes pour non-comprenants. Au mieux, ce sont des gourous amerloques écrivant des livres pour décérébrés, ou bien les décérébrés en question les ayant lus et répétant leurs enseignements. Au pire, ce sont des gourous tout court.  Et c’est toujours une mauvaise idée de faire aux gourous « coucou ». (Désolé, c’est sorti tout seul). Toute cette histoire me rappelle que j’ai deux articles sur le concept d’équilibre qui sont en mode brouillon depuis des mois, tiens. Je vous traiterai ça dans pas longtemps. :)

Vous noterez que je ne vous farcis pas souvent les yeux avec la « question-de-fin-d’article-qui-pousse-irrésistiblement-les-gens-à-écrire-des-commentaires », mais quel est votre point sur votre entourage actuel ? Subi, choisi, vous aimeriez le changer, vous l’estimez enrichissant à court/long terme, vous demeurez farouchement seul ?

11 commentaires

  1. Cécile dit :

    J’avoue que je ne me prends pas la tête à classifier en lièvre, tortue etc (lapine par contre…). Je me contente de fréquenter au minimum ceux qui ont une « aura » négative. Après il y a des cercles concentriques : ceux sur qui on peut toujours compter, qu’on appelle au milieu de la nuit pour descendre des shots de chartreuse après une rupture. Ceux qu’on fréquente parce qu’ils sont français et que c’est pas mal de parler français quand on est expatrié, ceux qu’on fréquente parce que le monde est petit et qu’il vaut mieux ne pas se fâcher…

    Voilà en gros ma méthode.
    Ah si dernièrement, je parle de plus en plus aux collègues qui réussissent le mieux (et en plus sont sympa), c’est inspirant.

    • Matt dit :

      Je ne recommande en aucun cas de trainer dans le sillage des personnalités négatives, nous sommes bien d’accord. A l’inverse, des gens dynamiques, positifs et couronnés de succès agiront toujours comme des « motivateurs ». Mais cela n’est pas nécessairement suffisant pour constituer un environnement complet, selon moi.

      J’aime bien par contre l’idée qu’un projet se réalise mieux en complémentarité : des prudents et des moteurs, des visionnaires et des gens capables de ne pas foirer la réalisation, etc. L’image de HOTS ne vole pas bien haut mais est pratique pour exprimer cette notion, à mon humble avis.

      Quant aux cercles et à leur concentricité, je demeure en accord avec mon propre article sur le sujet. :)

      Matt a posté dernièrement Les 5 résolutions qui construiront votre personne

  2. Binh dit :

    Je retiens l’idée de déterminer dans quel contexte telle ou telle personne peut être fréquentable. Il y a des gens avec qui je bosserait volontiers qui ne seront peut-être jamais plus que des collègues, et d’autres avec qui je peux m’amuser mais avec qui je ne travaillerai pas. 
    En fait je n’avais jamais vraiment pris le temps de regarder les choses sous cet angle, et c’est vrai qu’il m’arrive de me sentir très seul. 
    Il y a aussi ceux avec qui je pourrai m’amuser et travailler, et puis ceux avec qui je n’envisage rien. 
    En ce qui concerne les boulets, je fais de plus en plus confiance à mon ressenti. Il y en a qu’on a beau essayer d’aider, ils n’y a qu’eux qui peuvent se sauver…

    • Matt dit :

      Je pense que la segmentation peut être quelque chose de très sain et de très positif pour les deux parties, sous réserve que celui qui la pratique l’assume et le fasse de manière élégante et fine (si elle est pratiquée par les deux parties, ça devient très simple, en revanche). Or ce n’es pas toujours assumé par les « gentils », ni fait de manière fine par les « dents longues » (qui par ailleurs ne sont pas dans une logique profitant aux deux parties).

      Quant aux boulets… J’ai dû passer 37 ans de ma vie à essayer de les sauver malgré eux, et 2 ans à avoir abandonné cette pratique : je m’en porte nettement mieux.
      Le jour où je voudrai retenter d’aider des gens qui le refusent de prime abord, je me mettrai bénévole au Samu Social, au moins là ça sert à quelque chose.

      Matt a posté dernièrement Améliorez votre pouvoir d’achat : chronique du livre

  3. trendi dit :

    Je me focalise sur le principe d’éviter au maximum les personnes aux mauvaises ondes, ça évite deja beaucoup d’erreurs. Le concilier avec les visions professionnelles ne m’a pas effleuré jusqu’ici mais oui, très très pertinent…

    • Matt dit :

      « Avoid the unhappy and the unlucky »… Avec un minimum de recul (il ne s’agit pas de refuser sa compassion à un adulte issu de la DDASS, vivant dans la rue et atteint d’un cancer généralisé), cette phrase est essentielle à appliquer.

      Matt a posté dernièrement Les carnets d’Ulysse

  4. Roland dit :

    Intéressant : le juste milieu en toute chose (le film Siddartha, je crois, où le gars passe du mode « je-fourre-comme-un-lapin » à l’ascète squelettique et crasseux avant de réaliser qu’il faut juste être modéré (toutes proportion gardées).

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