Acide Ici > Chroniques acides > Vie extérieure > Le nerf de la guerre > Les arcanes de l’indépendance financière 2 – vouloir l’argent

Les arcanes de l’indépendance financière 2 – vouloir l’argent

L'argent sert à tout...

L’argent sert à tout…

Dans le premier article de cette série, nous avons tenté de définir la nature de l’argent et nous sommes interrogés sur notre lien à lui. Vous êtes-vous positionnés par rapport à ça ? Pour ma part, en ce qui concerne mon salaire(1) – nettement supérieur au salaire français moyen – j’estime que le fait que l’état me paye pour estimer le risque encouru par nos enfants du fait des centrales nucléaires est propre, ce que je peinerais à dire d’un billet de 100 € (ou même 20) qui serait issu de la vente d’une dose de crack à un gosse.  Par ailleurs, si mes investissements – honnêtes et légaux – me rapportent, j’estime que ce n’est que la juste rémunération de mon audace(2), du travail intellectuel et relationnel(3) que j’effectue – et peut-être mieux que d’autres – et de mes choix. En ce qui me concerne, l’argent est moralement neutre, même si certaines personnes l’acquièrent de mauvaise manière(4).

Les manières de le gagner, donc, sont multiples. Le premier blocage que nous avons examiné concernait la légitimité du statut de travailleur. Dans une société, l’homo sapiens comme n’importe quel animal social se sent mieux lorsqu’il se sent utile à la communauté, je ne vais pas vous refaire le coup de Maslov à chaque fois. Le but du premier article était de vous donner des outils vous permettant de réfléchir au le fait que de par la nature de l’argent, à l’heure actuelle on gagne sa vie en travaillant mais on devient « riche » (la notion est pour l’instant floue) en investissant, en créant et en faisant travailler les autres.

Ceci étant posé, continuons notre petit tour des paradigmes. Pourquoi voulez-vous l’indépendance financière ? On vous a répété que l’argent ne faisait pas le bonheur. Eh bien figurez-vous une chose : je suis d’accord. L’argent peut empêcher votre malheur dans certains compartiments de votre vie, ce qui n’a rien à voir, cf. un article qu’il faut que j’écrive (comme plein d’autres). L’argent est un moyen, pas un but. Un moyen de quoi ? A vous de me le dire. Vous saurez ce que « riche » signifie pour vous.

Cela peut rimer avec Ferrari, une des villas les plus cher du monde, jet privé et yacht dantesque(5). Dans ce cas, vous ne voulez pas être l’employé mais l’employeur. Où cela peut vouloir dire avoir du temps pour vous accomplir dans vos passions créatrices (notez que dans la première option, le temps risque d’être une denrée plus rare). Vous visez peut-être le statut de rock star. La dite richesse peut encore signifier  simplement passer une vie tranquille sans stress, paisible, contemplative – voire méditative – auprès de ceux que vous aimez. Un cadre de rentier vous conviendrait totalement : peut importe le capital, pourvu qu’il assure des revenus peut-être pas pantagruéliques mais corrects et surtout sans action de votre part. Il conviendra alors de déterminer, en ce qui vous concerne, combien d’argent il faut pour être libre. .

Dans tous les cas, pour arriver à ce but, de là où vous partez, il y a un chemin. C’est d’ailleurs ce chemin qui fera la valeur de votre réussite : vous ne réussirez probablement jamais autant que Paris Hilton qui n’a eu besoin d’aucun autre effort pour en arriver là où elle est que celui de naître. Mais vous pouvez, dans tous les domaines dont celui-ci, devenir le meilleur vous-même.

Ce chemin, quoi qu’il en soit, passe par la remise en question de la vie apparemment sécurisante(6) du salariat avec pour objectif de « devenir riche grâce à une augmentation » et l’illusion de contrôle que procure le rythme 9 heures – 18 heures au bureau cinq jours sur sept. Ce chemin, comme n’importe quel autre issu d’une décision de votre part, passe par la ténacité ; mais de plus, il devra vous faire sortir de votre zone de confort et vous amener à la prise de risques mesurés. C’est avec cet aspect que vous devez vous mettre en phase si vous décidez que vous voulez l’indépendance financière.  Il s’agit là vraiment d’un axe de développement personnel : primo, le but final – l’indépendance financière – risque de vous permettre (ne serait-ce que par le temps que vous dégagerez si vous le décidez) de développer votre être. Mais secundo, comme évoqué, le trajet lui-même, l’apprentissage, ce que vous tenterez au lieu d’attendre la mort bêtement, la prise de contrôle de votre vie est un développement personnel. N’ayez crainte, des articles reprenant toutes ces facettes sont – comme d’habitude – sur le feu, bande d’assistés notoires(7).


Le premier conseil que je puisse vous donner, non pas techniquement, mais en terme d’état d’esprit – ne mettons pas la charrue avant les bœufs – serait une lecture aisée. Cela va me donner l’occasion de placer avec une émotion contenue mon tout premier lien d’affiliation dans ce blog. Ce conseil n’est pas en soi révolutionnaire, beaucoup de mes petits camarades blogueurs vous ont suggéré ce bouquin avant moi, avec raison. Il s’agit d’un livre développant la vision de l’entrepreneuriat, du placement et des mécanismes mentaux sous-jacents qui vous permettront de vous enrichir, par opposition à ceux qu’ont la majeure partie des gens et qui nous empêche d’obtenir cette aisance quels que soient les événements – même chanceux – qui se produisent dans notre vie. Je ne le conseille pas pour la vision politique qu’il semble dégager à grande échelle et qui paraît hors de propos dans cet ouvrage, mais bien pour ce que vous pourrez en tirer à votre niveau. Il s’agit de Rich Dad, Poor Dad (Père Riche, Père Pauvre en français ; si vous lisez l’anglais, attaquez le texte à sa source, comme toujours – en prime, c’est moins cher.) Lorsque vous l’aurez lu, vous compterez dans le bon sens, et on pourra parler technique.

Faites vos choix, et inversez votre relation de force avec l’argent : qu’il soit votre outil, et non votre maître.

 

Paradis ou argent ?

… Ou préférez-vous rechercher votre paradis ?

Vouloir un tas d'argent



(1) Le but n’étant pas non plus que de rester salarié beaucoup plus de dix ans…

(2) Un article est en chantier sur le sujet, mais j’attends le prochain thème du festival A la croisée des blogs pour le finaliser et le publier. :)

(3) Sur l’aspect relationnel, voir le quatrième article de cette série.

(4) En même temps, on ne peut pas vraiment juger la traite d’esclaves ni le commerce de drogue sans avoir essayé.

(5) C’est une tentative de licence poétique, mais j’ai un doute sur le fait que Dante soit déjà monté sur un yacht.

(6) Vous voulez la liste des plans sociaux en cours ?

(7) Mon but personnel est de transiter d’un cumul « activité salariée » et « activité menant à mon enrichissement » vers une vie où l’activité salariée n’est plus une nécessité, et ce à un horizon de dix ans. Nous pourrons effectuer le trajet ensemble.

12 commentaires

  1. Merci pour la citation.
    J’aime beaucoup le slogan de ton blog !    ;-)

  2. Et absolument d’accord avec la conclusion de ton article, je crois que la citation est d’Alexandre Dumas (de mémoire) : Estime l’argent pour ce qu’il vaut: c’est un bon serviteur et un mauvais maitre.

  3. Matt (un autre) dit :

    Très très bon article qui illustre la nécessité de savoir pourquoi on veut être financièrement indépendant. Pour ma part j’ai eu la « chance » de développer une compétence assez rare alors que je n’avais que 18 ans et alors que je viens juste de revendre ma société je peux donc dire que je suis financièrement indépendant avant mes 25 ans.
    Seul problème, je ne sais pas pourquoi j’ai voulu cet argent et je me retrouve dans une situation vraiment paradoxale. D’un coté je suis évidemment conscient de ma « chance » car je peux me mettre à la retraite dés à présent mais de l’autre je me pose maintenant des questions qui aurait du être tranchées il y a bien longtemps (que faire maintenant ? remonter une boite ? voyager ?, me reposer, faire du théâtre, comment bien placer l’argent ? etc)
    En l’état je me retrouve donc avec de l’argent mais aucun projet, aucun but et aucune ambition. Je suis totalement débordé par ma situation spéciale car je ne souhaite pas en parler avec mes « potes » (qui galèrent à trouver un stage à la BNP …) ni ma famille avec qui je suis en total décalage sur la notion d’argent et de travail.
    Je dois prendre beaucoup de recul sur ma vie et sur mes envies alors que je n’ai encore rien vécu de grand (en dehors de ma vie pro) et de profond.
    Bref, merci pour cet article qui me donne déjà quelques pistes intéressantes à approfondir.

    • Matt dit :

      Merci pour ton retour vraiment intéressant, qui justifie à lui seul beaucoup des conceptions de vie que je me suis construites. Tu a été dans la situation de déployer le moyen avant de définir le but, ce qui est rare, mais pense à ceux qui sont nés dedans : les très très riches héritiers ne font parler de leurs accomplissements fantastiques que lorsqu’ils finissent en taule avec plein de drogue sur eux. Ca pourrait donc être pire… ;)
      Par ailleurs, tu es un cas très intéressant de pas mal de choses que je voudrais écrire. Es-tu sur Paris ?

  4. Matt (un autre) dit :

    Je suis à Paris oui. Si tu veux qu’on échange c’est avec plaisir, tu as mon mail.

  5. Ma méthode pour obtenir l’indépendance financière et obtenir une rente :
    http://easy-entreprise.com/autres/independance-financiere/

  6. Nadia.V dit :

    Article très intéressant! C’est toujours bien de s’intéresser à notre rapport à l’argent, ça en dit long, sans forcément que ce soit péjoratif (dans le genre « l’argent ça pourrit les relations sociales, ça nous éloigne de l’essentiel, etc…). Et justement, quant à ton rapport moralement neutre avec l’argent, je pense (sans que ce soit péjoratif, encore une fois) que c’est la profusion qui le permet (exception faite évidemment de ceux qui en veulent toujours plus et qui empile les cadavres pour arriver jusqu’au sommet). Je pense que quand on manque cruellement, ou qu’on a peur de venir à en manquer, notre perceptions est biaisée et sans doute plus immorale… C’est pour ça que je ne condamne pas ceux qui gagnent leur vie de façon immorale (sachant que l’illégal n’est pas forcément immoral pour tout le monde)
    Nadia.V, experte sociologue pour réduction conforama

  7. Laurent.V dit :

    Pour moi, critiquer l’argent c’est simplement matérialiser la critique qu’on peut très légitimement faire à l’homme d’en vouloir toujours plus. Ce serait pareil si on en était encore au système de troc, il y en aurait toujours certains pour mettre le plus de côté quitte à exploiter n’importe qui. Triste constat, les amis!
    réduction priceminister

  8. Juliette.G dit :

    Je pense qu’on « veut » l’argent d’autant plus quand on vient d’un milieu modeste. C’est dit sans aucun mépris de ma part, loin de là! C’est un constat que j’ai fait; moi par exemple, je n’ai jamais manqué d’argent grâce à ma famille (ni riche ni pauvre), il en résulte que je vends des chaussettes.

Laisser un commentaire

Les champs marqués (*) sont requis.

Ici, seuls les humains commentent, pas les robots ! Merci de répondre à cette simple question : *

CommentLuv badge

© 2020 Acide Ici. Propulsé par WordPress. Editor Theme by AWESEM.

Retour en haut.