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Argent : l’étalon temps

temps argent

Le cheminement de ma réflexion personnelle sur les notions de temps et d’argent ne date pas d’hier, mais ce questionnement a été réactivé récemment par deux éléments indépendants, un livre que je vais vous citer immédiatement et un film dont je vous parle un peu plus bas.

The holy bible

Le livre en question est celui traitant de l’enrichissement ainsi que de la valeur gigantesque des fondamentaux tels que le temps libre, la santé, les relations proches ou la tranquillité d’esprit ; celui que vous devez lire à l’exclusion de toutes les conneries des gourous de l’enrichissement – qu’il s’agisse de ceux qui écrivent des bouquins, des gamins – et vieux – qui sévissent sur le net, de ceux qui vous forment généreusement pour 197€, 497, 997€ ou 4997 € à la fortune via l’investissement en action, obligations, ForEx, options binaires, immobilier, meta web systèmes 3.0, SEO magique, poker, surebets, et autres ; l’unique bouquin qu’il vous faut lire sur le principe de gagner votre argent, celui qui vous suffira à créer votre vision correcte de la chose, puis à partir duquel vous pourrez partir en baver sur la route du succès (ah, oui, si vous croyez au succès facile et pour tous : quittez immédiatement ce blog), c’est The Millionaire Fastlane: Crack the Code to Wealth and Live Rich for a Lifetime!

Ne discutez pas, ne chouinassez pas, il n’y a que deux solutions possibles : soit l’enrichissement personnel ne vous intéresse pas ou ne vous concerne pas, et dans ce cas restez soigneusement à l’écart de toute la thématique, c’est plus sûr ; soit il vous intéresse, et alors ne lisez que celui-là. Ne vous formez pas au concept (vous aurez bien assez de choses spécifiques à apprendre sur le chemin proposé ici) chez d’autres, vous n’y liriez/entendriez que des conneries. Ne tergiversez pas, achetez et lisez, point. Chaque ligne de ce gros bouquin est importante. Chaque mot en est pesé. Le niveau d’écriture, le vocabulaire employé, sont plutôt élevés. C’est de la full qualité, et surtout, s’il y a une vérité sur le sujet, et si on peut la trouver (ou en trouver une partie) dans un livre, alors c’est là. Ou alors, visitez mon site sur la liberté financière. ;)

Cette longue introduction étant posée, moi qui avait prévu de vous parler sous peu de la théorie de la valeur, je vais finalement vous entretenir en premier lieu, comme annoncé en exergue, de la notion financière de temps, en m’appuyant sur le bouquin pré-cité comme sur mes réflexions et recherches personnelles.

De la prodigalité en temps

Je connais des personnes qui peuvent dépenser sans les compter des heures pour gagner quelques euros sur leurs courses ou sur un gadget d’occasion. J’ai aussi connu des gens qui étaient tout heureux de monter leur petit microbusiness ebay, lorsque c’était là que se tenait la promesse de l’el dorado sur le net (après, ça a été la fortune aisée en montant son blog… Demain, ce sera autre chose). Ils passaient alors fièrement des heures à suivre leurs enchères, à fixer des rendez-vous aux acheteurs, à empaqueter leurs objets et faire la queue à la poste, etc. Le tout leur permettait de gagner un euro ou deux par pièce.

J’ai aussi lu des gosses s’étant fait les papes de l’enrichissement personnel sur leur blog, lorsque j’ai moi-même commencé ce site, être tout fiers de passer je ne sais combien de temps à profiter d’une offre promotionnelle leur permettant de gagner 5 € (c’était le chiffre précis), parce que, je cite de mémoire, « après, c’est comme si je vivais gratuitement ; par exemple, cela paye ma baguette de pain tous les jours, et là, ça me fait une semaine de baguette gratuite ». Je passerai d’ailleurs pudiquement sur le concept de « je bosse un mois, je touche mon salaire, et hop, regardez, je vis gratos durant un mois », qui est bien aussi con que la réflexion de tout ceux bossant des mois pour créer et lancer leur produit et qui se vantent ensuite d’avoir fait x ventes, mais passivement car ils n’étaient pas devant leur PC au moment des commandes (moi, je connais un salarié qui n’était même pas au bureau lorsque le virement de la paye est passé un samedi sur son compte en banque, trop passif comme fric).

Le livre, lui, cite l’exemple d’opérations de pub de fast foods du style KFC, où n’importe qui pouvaient venir à tel moment pour obtenir gratos un chiken basket à 4 $. Durant ce genre d’opération, on trouve des gens qui font le trajet aller-retour et qui font la queue deux ou trois heures pour « gagner » ces 4 $. Le temps de ces gens ne vaut rien. Il est disponible  en quantité illimitée, n’a aucune valeur, tandis que pour ces personne dont la vie ne sert probablement à rien, l’argent est rare et vaut énormément.

De l’abondance de l’argent

Lorsque l’on examine le deal, de cinq septièmes de son temps éveillé contre un peu d’argent, qu’effectue le salarié (en tout cas, celui qui n’est pas payé pour accomplir sa passion), on se rend compte que l’appréciation de tous ces gens traversant leur vie sans connaître leur conjoint ni assister aux premiers pas, aux premiers mots et à la première cuite de leur progéniture est toute aussi étrange. J’en veux pour preuve ce sondage datant du 22 mai 2012 concernant les cadres : non seulement les trois-quarts d’entre eux, travaillant pourtant de 9 à 10 heures par jour au bureau, en remettent un couche le soir, 64% le samedi et 49% en vacances, les jours fériés ou le dimanche (et 73% traitent leurs mails chez eux, dont 66% y compris lorsqu’ils sont malades) ; mais en prime, si j’ose dire, 62% de ces débordés chroniques préfèreraient-ils travailler plus pour gagner plus… J’adorerais être le conjoint ou le gosse d’une personne pour qui je représenterais si peu, tiens.

Pourtant, si l’on regarde la réalité droit dans les yeux, l’argent est une denrée ultra abondante. Par exemple, il s’échangeait quotidiennement l’équivalent de 3.98 billion de dollars US ($ 398 000 000 000 000) sur le seul marché du ForEx (FOReign EXchange, le marché de change des monnaies) en avril 2010, d’après Wikipedia – et ce nombre a certainement augmenté depuis. Il est d’ailleurs possible de se « refaire », comme disent les joueurs, après une perte financière. On peut tout autant créer de la valeur, à partir d’une simple idée que l’on développe et qui apporte quelque chose à son prochain (peu importe qu’il s’agisse d’écrire le prochain Nobel de littérature ou bien d’inventer un appareil à détartrer instantanément les chiottes, du moment que ça intéresse des gens). On peut devenir riche. Connaissant quelques personnes cultivant le mythe de la société de riches de naissance, à l’image de l’aristocratie de l’ancien régime, et qui marierait leurs progénitures lors des annuelles catherinettes afin que rien ne filtre hors de leur milieu, je préfère vous avancer des preuves très simple de ce que j’avance.

Étudions le Bloomberg Billionaires Index. En premier lieu, nous pouvons y constater que sur les 100 plus grosses fortunes du monde, 27 seulement ont hérité de leur argent, les 73 autres s’étant faits tout seuls. Regardez Bill Gates, souvenez-vous de Steve Jobs. Vous appelez ça de riches héritiers, vous ??? L’homme le plus riche du monde, Carlos Slim Helú, n’est parti de rien (jeter un œil à sa biographie). Le célèbre Georges Soros est un juif hongrois dont la famille a vécu l’occupation nazie et s’est ensuite barré pour fuir le communisme, ne me dites pas qu’il est né avec une petit cuillère en argent dans la bouche. Larry Ellison est un simple autodidacte, Amancio Ortega Gaona est le fils d’un cheminot espagnol, qui a laché l’école à 13 ans pour être coursier dans un magasin de textiles puis vendeur de chemises, Sheldon Adelson est né dans une famille juive de la banlieue de Boston, fils d’un chauffeur de taxi, et vendeur de journaux dans la rue à 12 ans ; Michael Bloomberg et Bernard Arnault ne sont pas partis d’extrêmement haut, bien que de plus haut que les pré-cités. Notez qu’en 2011, Mark Zuckerberg, à 27 ans et en sortant lui non plus de nulle part, était encore en 52ème position du classement Forbes, et serait encore probablement dans les environs s’il n’avait pas déconné, à mon humble avis.

Jetez au passage un coup d’œil au classement de Forbes pour 2012 : vous y trouverez des drapeaux de tous les pays (y compris la France, en quatrième position…) Vous en profiterez pour constater que là-dedans, il n’y a que deux « investisseurs boursiers » (et encore… Warren Buffet est bien plus que ça, il a régulièrement acheté des société complètes sur la force de son analyse et les a porté au succès sur la base de ses qualités managériales très poussées, on est extrêmement loin du golden boy) et un seul magnat de l’immobilier. Le reste n’est constitué que d’entrepreneurs. C’était en passant.

Bref, tout ça pour dire que l’essentiel de ces milliardaires sont de première génération, ce qui accrédite ma thèse selon laquelle on peut devenir riche si on fait ce qu’il faut pour. 

Quel taux de change argent / temps ?

temps argent
Inversement à l’argent, le temps, lui, est limité, égal pour tous, impossible à acheter, à échanger, à voler, à donner. Tout le monde en consomme 24 heures par jour, et à la fin, tout le monde meurt. En cas de « temps perdu », aucun retour en arrière n’est possible – on ne peut pas se « refaire ».  Si vos enfants ont grandis sans vous, si vous n’avez pas passé de temps avec votre mère lorsqu’elle était sur son lit de mort, si vous regrettez de ne pas avoir fait ci ou ça lorsque votre corps était jeune, que vous soyez Bill Gates ou Joe le clodo n’y change rien : c’est finit.

Lorsque vous perdez votre temps dans un job sans intérêt, devant une émission de real TV, ou dans toute autre tâche capitale et récurrente du même genre, si vous saviez que vous n’avez plus qu’un jour à vivre, est-ce donc à ce genre de conneries que vous occuperiez votre temps ? Pourtant, votre vie est finie, et le temps qui constituera votre dernière heure est le même que celui que vous dépensez pour gagner 3 € sur une chaise d’occasion à 20 bornes plus loin que le vendeur plus cher. A l’ultime rigueur, il vaut même plus, car c’est un temps dont vous pouvez disposer en pleine capacité de corps et d’esprit. De même que 400 € utilisé dans un truc inutile sont les mêmes 400 € en début de mois, juste après votre paye, et en fin de mois, lorsque le découvert arrive , et qu’ils ne coûtent pas moins cher et manquent tout autant ; de même ce temps perdu maintenant est exactement celui qu’il vous manquera pour pouvoir faire ce que vous auriez voulu lorsque tout s’arrêtera.

Poussons le raisonnement au bout

Ce thème est développé d’une manière surprenante dans le film In Time (Time Out en français… Nan mais il y a des fois, on se demande…) que je ne saurais trop chaudement vous recommander de visionner. L’action se déroule en 2070, à un moment où le temps, c’est vraiment de l’argent. Les humains sont génétiquement modifiés pour arrêter de vieillir à 25 ans. À partir de là, une horloge précise à la seconde s’enclenche à rebours. Elle ne contient qu’un an, à la fin duquel la personne meurt. Mais ce temps est aussi la monnaie universelle permettant les échanges économiques. Les riches peuvent donc vivre indéfiniment (jeunes), tandis que les pauvres meurent très vite.


L’idée est plus que puissante. C’est pousser jusqu’au bout le principe de prostitution de notre vie pour un toit et de la nourriture, mais surtout, en général, pour ce que la société de consommation indique comme étant indispensable. En y réfléchissant bien, si c’était la seule monnaie, combien de temps de vie seriez-vous prêt à donner pour votre écran plasma, vos huit cents boxes DVD, votre console de jeux ? Ça vous irait de les obtenir en échange d’un an de vie en moins (d’une mort un an plus tôt, quoi) ? Notez pourtant que, si par hasard vous exercez une activité salariée que vous ne pratiqueriez pas si votre compte en banque se garnissait par magie de 20 millions d’euros (et ce n’est pas le cas de tout le monde, heureusement : certaines personnes continueraient à faire le même job parce qu’elles font ce qu’elles préfèrent au monde), c’est exactement ce que vous faites. Vous troquez du temps libre, du temps que vous n’aurez pas passé à vivre, contre les objets pré-cités. Ce qui est encore mieux, c’est que vous perdez de nouveau beaucoup de temps à l’utilisation de votre télé ou de votre console. Il s’agit-là d’une double peine auto-infligée, en quelque sorte…

temps argent 4De même, cela fait bizarre de voir une mère regarder l’horloge de son bébé, affichant donc un an, dire quelque chose du genre « quel dommage de devoir attendre si longtemps avant de pouvoir utiliser tout ça ». De voir des gens souscrivant à un crédit de 10 ans de vie, devant en rembourser 30% de plus et se demander comment il vont faire. Dans notre vie, il s’agit, au pire, de se faire exproprier, tout vendre et foutre à la rue. Si la situation n’est guère plaisante, plaie d’argent n’est tout au moins pas mortelle. Le rebond est possible, et il existe des exemples historiques. Mais si au lieu de risquer vos possession matérielles, vous risquiez votre temps de vie, cela serait-il la même chanson ?

Le film est disponible en DVD ou en Blu-ray), regardez-le un soir, puis laissez reposer la fin de la soirée et la nuit qui suit. Venez m’en faire des commentaires et échangeons nos points de vue. (NB : les commentaires sont comme toujours les bien venus, même de la part de celles et ceux qui n’ont pas vu le film !!!)

18 commentaires

  1. Roland dit :

    « … puis à partir duquel vous pourrez partir en baver sur la route du succès (ah, oui, si vous croyez au succès facile et pour tous : quittez immédiatement ce blog) »

    Aah, merci Matthieu, de le dire haut et fort ! On ne compte plus les sites où on te promet de gagner au moins 1 smic par mois sans en foutre une ramée, juré, et si tu ne souscris pas à cette formation exceptionnelle, cela va jusqu’à l’insulte voilée.
    M’est avis que c’est surtout à eux que ça rapporte, cette opportunité à ne surtout pas rater… je remarque d’ailleurs certains se cooptent les uns les autres.

  2. Flo Rahl dit :

    Bien vu Matt, ce raisonnement est essentiel pour ne pas traîner de regrets dans sa vie. Avoir conscience du temps qui passe, c’est tout un travail, constamment érodé par la force de frottement du quotidien. Il est difficile de garder cette idée en tête en toute circonstance. Pourtant, c’est essentiel pour prioriser les objectifs de sa vie…
    C’est mathématique, et donc moche, mais les liens humains peuvent également se traduire de cette manière. Il y a une réflexion très intéressante à avoir sur les relations humaines, les cadeaux achetés et le temps alloué aux autres. Dans notre société où l’individualisme prévaut, et où la consommation a été élevée en valeur suprême, le présent se substitue facilement à la présence. Pourquoi une telle profusion de cadeaux toute l’année ? Qu’apportent-ils ? A quoi se substituent-ils ?

    • Matt dit :

      Merci Flo ! :)

      Le quotidien a comme tu le soulignes une puissance incroyable : il peut nous faire bouillir à petit feu sans que nous ne nous en rendions compte, comme dans « La Grenouille Parabolique ». ;)

      En effet, un peu d’argent mis dans un livre, un CD ou un DVD masque souvent une absence d’effort et de temps consacré à imaginer un cadeau réellement en adéquation avec une personne donnée, à qui l’on offrirait alors un peu de notre temps de vie, mais spécialement dédié.

      Je suis totalement pour la création d’une science économique sur les liens humains. Ce n’est d’ailleurs pas très éloigné de la psychohistoire imaginée par Isaac Asimov dans son cycle « Fondation »… ;)

      Je sais que tu as toi-même fait le choix d’arrêter de bosser un certain temps pour te consacrer à la création d’un projet qui te tient à cœur, en lien avec la lutte contre la surconsommation. Bonne chance dans cette entreprise ! Cette expérience vaut probablement plus qu’un an de salaire, quoi qu’il se passe. Ce qui se vit vaut plus que ce qui se possède ! ;)
      Matt a posté dernièrement La grenouille parabolique 2 : inéluctable est la chute des corps

  3. Cecile dit :

    Il a l’air intéressant cet article, mais là j’ai pas le temps de le lire : je dois regarder des vidéos de chats sur Internet. A chaque fois que je regarde deux heures d’affilé, je reçois une remise de 10 centimes sur des boites de bouffe pour chat.
    Je peux te parrainer si tu veux, ça vaut trop le coup.

    • Matt dit :

      J’attends tes codes de parrainage avec impatience. De mon côté, je peux te filer un super plan : tu reçois des mails publicitaires, tu visites les sites en question, et tu gagnes de 1 à 3 cent par pub cliquée, ou concours rejoint le cas échéant. VÉRIDIQUE.
      Matt a posté dernièrement Quelque chose qui cloche… pied

      • Cecile dit :

        Haha, merci de ton offre généreuse !
        Malheureusement, je vais être obligée de décliner, j’ai trop de vidéos de chats à regarder.

        Je suis plutôt d’accord avec l’article, que je relirai encore une fois. D’ailleurs cette année j’ai commencé une petite expérience de suivi de temps : au cours de la journée je note ce que je fais (par tranche de 15min on va dire), un peu comme quand tu fais tes comptes, mais avec le temps. L’objectif, c’est d’arrêter d’en perdre!
        Pendant un moment j’avais calculé mon coût horaire, mais finalement j’ai arrêté: c’est un peu déprimant pour les thésards ce genre d’exercice.

        Je te renvoie à Sénèque:
        « Nous n’avons pas trop peu de temps, mais nous en perdons beaucoup. La vie est assez longue ; elle suffirait, et au-delà, à l’accomplissement des plus grandes entreprises, si tous les moments en étaient bien employés. Mais quand elle s’est écoulée dans les plaisirs et dans l’indolence, sans que rien d’utile en ait marqué l’emploi, le dernier, l’inévitable moment vient enfin nous presser : et cette vie que nous n’avions pas vue marcher, nous sentons qu’elle est passée. »
        Le reste est à lire dans De la brièveté de la vie (tout un programme le titre…).

        • Matt dit :

          Un suivi du temps au quart d’heure, voilà qui est ambitieux ! Peut-être même un peu trop, je ne sais pas… C’était concluant ?

          Au niveau du tarif horaire, pour ma part, lorsque j’étais en thèse (ou en stage de DEA, ou d’école d’ingé – le DEA étant un truc que les moins de x ans ne peuvent pas connaître), je ne raisonnais pas exactement comme ça, car j’avais plutôt le sentiment de bosser pour moi, d’être payé – certes peu (ou pas du tout, toujours en stage de DEA, ou en stage d’école d’ingé l’année précédente) – mais pour faire ce qu’il me plaisait, un peu comme si j’étais payé pour rédiger ce blog.

          D’une manière générale, je crains qu’il ne faille à un moment séparer les actions plaisir et les actions rémunératrices. Mais dis comme ça, ça semble un peu simpliste, il faudrait que je détaille un poil plus.

          Merci pour cette citation de l’immense Sénèque, dont je ne connaissais pas cet ouvrage au titre en effet très évocateur. Il faudrait que je me le procure, tiens…
          Matt a posté dernièrement L’endormeuse, un livre qui peut vous réveiller

  4. Pascal dit :

    Ah je me disais : mais est ce qu’il va parler de Time Out par le réalisateur de Bienvenue à Gattaca. Et oui ^^

    Le ratio temps/argent est indispensable à connaître à maîtriser.

    Je me pose souvent la question : Suis je prêt à donner x heures du temps qu’il me reste pour gagner 5 euros.
    ou Suis je prêt à donner x heures du temps qu’il me reste pour payer un gadget à la con qui coute 50 euros.

    Ou bien transformer un achat compulsif qui coute 20 euros en achat horaire : je dois travailler combien de temps pour gagner et ensuite payer ces 20 euros ? Si nous partons du principe que le smic tourne autour de 9 euros et quelques, je dois donner 2 heures de mon existence pour 20 euros.

    Quand on commence à compter comme ça, les achats de merde se calment très rapidement.

    • Matt dit :

      Oui, ce réalisateur n’a pas encore touché à beaucoup de films, mais à chaque fois, ça a décoiffé. :)

      Il y a en effet des gens qui se font les avocats de la traduction d’un prix d’achat en heures de travail. C’est une démarche très intéressante pour savoir à quoi l’on passe sa vie. Mais je trouve ça encore plus puissant dans l’autre sens : quelle est la valeur de ma journée de travail ? Un jour de ma vie est-il correctement échangé si j’en reçois 50 € ? 150 ? 500 ? Si les se posaient cette question de manière claire, il y aurait moins d’heures sup et de cadres acceptant d’être débordés… ;)
      Matt a posté dernièrement La grenouille parabolique 3 et fin : là où les athéniens s’éteignirent

  5. Xavier dit :

    Je te rejoins complétement dans ta vision même si je dois avouer n’avoir pas poussé la réflexion aussi loin.

    Enfin bon je suis tout de même sur la bonne piste car ce matin j’ai passé une grosse commande sur Internet. Au choix : 25 € de frais de port ou 2.5 € en allant chercher à l’entrepôt, je regarde où se trouve l’entrepôt en question. Estimation vite fait en 5 secondes : voiture, bouchons, retrait et préparation de la commande, encore voiture, encore bouchons … presque 2h00 de mon temps pour gagner 22.5 € ce n’est pas « rentable » alors je me fais livrer !SI je passe ces 2h00 à travailler sur l’un de mes projets alors je « gagnerais » plus sur le long terme.

    Pour The Millionaire Fastlane, il n’est malheureusement pas traduit en français pour ceux que cela bloque. Quant à moi je compte bien le lire sous peu (prochaine commande Amazon). Pour ceux qui veulent un introduction au sujet alors je vous invite à écouter ce podcast (en anglais) avec MJ Demarco himself : http://www.smartpassiveincome.com/mjdemarco-millionaire-fastlane/
    Xavier a posté dernièrement Lancer un annuaire ? Ça se tente !

    • Matt dit :

      Ah, voilà une bonne réponse ! Primo, deux heure pour vingt euro, c’est moins que le salaire d’une femme de ménage : pourquoi les dépenser si tu gagnes mieux ta vie qu’une employée de maison ?

      Secundo, et c’est là ce que j’attendais : il ne s’agit pas de troquer son temps contre un salaire donné – temps contre argent, échange clos. Il s’agit de l’investir dans un projet qui, on l’espère, génèrera un retour financier non pas une fois, mais continument, sur un long temps. Et c’est là que le facteur croissant de l’équation se montre enfin !

      Bonne chance dans tes projets (même si je ne suis pas sûr que j’aurais choisi de créer un annuaire… ;) enfin, je sais que tu en as bien d’autres ! Et puis, moi, c’est pire : sur ma roadmap, il y a à un moment la création d’un service logiciel web – un outil de créativité cohérent avec ce qu’Acide Ici représente – et je ne sais même pas par quel bout attraper cette idée !) et merci beaucoup pour le lien du podcast !

      A bientôt

      NB : si tu veux commander le bouquin sur Amazon, n’hésite pas à utiliser les liens présents dans cet article… :p :p :p
      Matt a posté dernièrement La grenouille parabolique 2 : inéluctable est la chute des corps

      • Flo Rahl dit :

        Je rebondis rapido, mais au lieu d’acheter sur une plateforme aussi énorme qu’Amazon, il existe lalibrairie.com, qui participe au maintien du tissu commercial local ;-)

        • Olivier dit :

          Le troc de temps contre de l’argent est un peu la question existentielle d’après moi.
          Même en étant passionné (c’est mon cas, je suis chercheur) il est assez clair que si 20 millions tombaient sur mon compte je ne passerai pas autant d’heures à faire des demandes de subventions ou à rédiger des articles. Je continuerai probablement à faire des expériences mais à un rythme plus cool, étant donné que j’ai d’autres passions chronophages et pour lesquelles il est difficile d’être rémunéré (sport, musique…).
          L’investissement de temps est aussi un danger, vouloir devenir rentier est le meilleur moyen pour avoir la tête dans le guidon pendant ses plus belles années. Mon grand père (qui n’a fait que bosser en partant de rien et en finissant assujetti à l’ISF à 50 ans) n’a jamais trouvé sur le moment qu’il perdait son temps, pourtant à 80 ans il avoue qu’il est sans doute passé à côté de beaucoup de choses et qu’il aurait certainement pu moins bosser – le piège de l’argent étant qu’on peut toujours en avoir plus.
          Pour moi la clé de l’optimum est de repérer les tâches qui sont très consommatrices de temps et qui peuvent s’automatiser très facilement. Presque tout le monde est concerné et ça dégage déjà de précieuses heures. Après ça devient très personnel : se contenter de gérer son temps ou chercher encore et encore des moyens de grapiller des secondes. Ceci est à mettre en relation avec les besoins matériels qui peuvent aussi largement s’optimiser avec un peu de recul.

          • Matt dit :

            Bonjour Olivier, et merci beaucoup pour ce commentaire.

            Il est clair que, étant docteur, si j’avais maîtrisé correctement ma vie en sortie de thèse, je serais peut-être chercheur en astrophysique et je ne ressentirais peut-être pas l’insatisfaction qui me pousse à être entrepreneur et investisseur, avec pour but de sortir de la sûreté nucléaire qui ne me passionne guère, et du salariat en général (allergie aux tâches imposées, au concept de hiérarchie, aux relectures sans fin et débiles sur 4 niveaux et 20 allers-retours du moindre rapport, etc.) Je comprends tout à fait ce que tu dis.

            Après, je sais aussi qu’on peut être moins heureux que prévu, même dans le domaine que l’on recherchait. Un astrophysicien de génie m’a dit un jour : « de toute façon, on n’est jamais payé pour faire les choses vraiment intéressantes ; celles-là, on les fait à côté ». Ça calme.

            D’autre part, beaucoup de gens, qui se font rémunérer pour effectuer une de leur passions, finissent par s’en dégouter, car on ne pratique pas de la même manière lorsqu’il s’agit d’une obligation professionnelle. Étant moi aussi musicien amateur (et sportif… Tu es mon jumeau cosmique, ou quoi ? ;) ), je joue ce que je veux, quand je le veux, avec des gens que j’aime bien. Bien des musiciens professionnels sont amenés à faire exactement l’inverse…

            Enfin, mais là, je ne vise que mon cas personnel, si j’avais été astrophysicien pro, j’aurais peut-être pris mon pied scientifiquement mais été malheureux comme les pierres d’un point de vue humain. Comme quoi, le mix parfait n’est pas toujours aisé à trouver.

            Tout ça pour dire que si tu ne devais pas gagner ta vie, comme tu l’exprimes, tu pratiquerais ta passion de manière très différente et bien plus agréable (à moins que tu ne sois un enragé de l’administratif… ;) )

            Je suis d’accord avec toi, l’argent est l’un des meilleurs domaines pour être amené à confondre le but et le moyen (mais ce n’est pas le seul, j’ai des exemples plein mon escarcelle). Il est impératif de se fixer des buts précis. Réfléchir à l’avance à savoir si l’on préfère ne pas travailler et avoir un train de vie de 1 500 € par mois ou continuer à donner son temps et jouir de 10 000. Je pense que si on n’a pas clairement établi ses choix à l’avance (avec un projet cohérent, par exemple ce que l’on va accomplir à l’aide de ce temps, comment on va en profiter, bref, une vraie possibilité de se projeter), alors le moment venu, le choix est dur à effectuer (« si je donne encore 5 ans, ce n’est pas de 1 500 que je jouirai par mois en retraite anticipée, mais de 3500, ça peut valoir le coup », etc.) et on peut finir comme ton grand-père.

            C’est très facile sur le papier de se dire que l’on ne désire pas être le plus riche du cimetière, mais la tête dans le guidon, prendre la bonne décision au bon moment, c’est plus dur (surtout qu’on est généralement un très mauvais observateur pour soi-même, ce qui, au passage, va me pousser sous peu à créer sur ce site une offre de mentorat, fin de la parenthèse).

            Enfin, sur la consommation débile de temps au quotidien, ce n’est pas un sujet majeur, mais je ne saurais être plus d’accord avec toi. Sous peu, je vais déménager, je diviserai par deux mon temps de trajet (une demi-heure de vélo aller au lieu d’une heure), je prendrai une femme de ménage pour ménage, gestion des lessives et repassage, et effectuerai mes courses sur le net (avec livraison sur le créneau de la femme de ménage). Eh bien, ça n’a l’air de rien, mais je vais gagner des heures et des heures de vie par semaine, et de plus, ce qui est tout aussi important, de l’énergie (supprimer les fatigues débiles, ça compte aussi) et de la tranquillité d’esprit. Même si, comme je le disais, ce n’est pas majeur, petit à petit, ça change la vie (j’ai d’autres optimisations comme ça sous le coude, mais le sujet n’est pas de faire un 36 15 my life).

  6. Un article sur le lien entre temps et argent ?
    Génial … je ne pouvais que m’y pencher, avec beaucoup d’intérêt.
    C’est en effet ce qu’enseigne, à longueur de conférences et de séminaires, en tant que coach et formatrice spécialiste de la relation à l’argent.
    Donc, oui, on peut travailler sur l’argent, essayer d’aider les personnes à s’en sortir côté financier ET dire et redire que le temps est une ressource bien plus précieuse que l’argent.
    Mais moins « intelligente » : pas d’effet de levier possible avec le temps (nous avons tous notre quota de 24 heures par jour) alors que l’argent démultiplie …
    C’est quand même pas rien !
    Ce que je trouve bizarre (et un rien suspect dans la relation à l’argent), c’est le besoin qu’ont certains (pas toi Matt … je crois) d’opposer l’argent au temps. Ou la santé à l’argent. Ou le bonheur et l’amour à l’argent.
    Comme si nos ressources ne pouvaient pas travailler dans le même sens !
    En considérant que l’argent est à la base un « agent facilitateur » (conçu pour ça et toujours capable de ça),
    conjuguer temps et argent semble être la solution idéale !
    Ce que les apprentis riches inspirés de la semaine de 4 heures, bloggeurs et vendeurs de solutions pour gagner de l’argent sans trop en faire, expriment à leur manière.
    En oubliant souvent de réfléchir sur le sens (l’argent au service de quoi ?) … mais c’est une autre histoire.
    Merci pour le film que je ne connaissais pas mais sur lequel je vais me précipiter.

    • Matt dit :

      Merci Nathalie pour ton commentaire.

      J’ai une réponse globale et politiquement incorrecte à plusieurs points que tu soulèves concernant « l’argent au service de quoi ? », l’effet levier, et l’opposition de l’argent au temps, à la santé, au bonheur, à l’amour : l’argent permet d’acheter le temps, la santé, le bonheur, l’amour. Bon, aller, j’ai été un peu provocateur volontairement, mais l’argent permet réellement selon moi de jouir de la liberté qui te permet d’avoir du temps, de vivre pleinement et sereinement tes relations, et même de mieux t’occuper de ton corps. Quelque part, les rêves ont un prix, même si exprimé de cette manière, ça sonne d’une manière sordide qui ne sied guère à un idéaliste tel que moi.

      Je vais me permettre de te contredire concernant le levier unique de l’argent, car j’ai l’impression qu’il s’agit entre autres d’une question de point de vue. Si on le regarde d’une certaine manière, je pense que le temps peut jouir d’un effet de levier très important, lui aussi. Si tu laboures ton champs, années après années, afin d’avoir de quoi te nourrir, tu dépenses un temps considérable. Si tu investis deux ans à inventer le tracteur, tu as effectué un levier énorme. Tu as gagné plusieurs mois par an , pour toute la vie, qui te permettra de profiter de ce que tu veux. Si tu passes de nouveau (par réinvestissement du temps gagné) un an à former des gens à construire d’autres tracteurs et d’autres à les conduire, contre une partie de ta récolte, tu viens de refaire levier sur le levier, et c’est gigantesque. Tu viens d’inventer la retraite, et tu as, grâce à ton levier, la faculté de disposer comme tu l’entends de l’intégralité du temps qu’il te reste à vivre.
      Matt a posté dernièrement Et si on se rencontrait ?

  7. Salut, je suis tout à fait d’accord avec toi! le temps, c’est de l’argent!
    c sympa pour le taux de change temps/argent! c’est de l’économie :D
    merci pour l’article

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