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Développez-vous vraiment : apprenez à lire

Apprendre à lireBien des gens arrivent sur le « développement personnel » (cette dénomination, à l’origine assez justement vue, me semble de plus en plus réductrice au fil du temps), les yeux pleins d’étoiles, découvrant des horizons inexplorés, et surtout en ayant l’impression de faire partie d’une rare catégorie d’élus, bénéficiant d’un savoir rare et moderne partagé par peu de surhommes (ou surfemmes) à travers le monde. Les messies d’une nouvelle ère humaine.

Par exemple, lorsque j’étais modérateur d’un gros forum traitant de séduction, je voyais arriver tous les jours des palanquées d’hommes – de garçons, plutôt – qui venaient de passer x heures à lire des articles sur comment papa a rencontré maman. Ils se sentaient quasi-invariablement comme des « génies qui voient à travers la matrice » (non, ne pleurez pas tout de suite, ce n’est que le début de mon article, que diable), tout fiers qu’ils étaient de ne plus appeler leur pote Bruno « celui qui s’est planté ses trois dernières tentatives de drague » mais un « AFC » . D’un coup d’un seul, ils avaient l’air d’en avoir trois (je me comprends).

J’ai vu des jeunes andouilles aller donner des leçons magistrale sur ce qu’il convenait de faire pour faire avancer un projet associatif sous prétexte qu’ils avaient suivi deux jours de cours de « communication ».

Et même, si j’osais, je dirais que je vois sur le net moult personnes pensant que truc ou machin ont inventé le concept de vendre un produit conçu par quelqu’un en touchant une comm. A la limite, j’ai même l’impression qu’ils ont inventé l’argent…

Si vous aussi, vous pensez qu’avant 2012, personne ne vivait, ne se reproduisait, n’avait de succès social ou financier, ne savait réfléchir, créer, … Heu… Je n’arrive pas à finir ma phrase par autre chose que « alors vous êtes incroyablement con ». Pourtant, non, ce n’est pas très commercial de s’exprimer comme cela devant son lectorat, ça ne va pas m’amener de trafic, cette histoire… Bon, je ne vois rien d’autre, laissons donc la phrase en suspens.

alphabetA l’intention de ceux qui pensent que Tim Ferris est un génie du commerce, que la PNL est la clé vers la quintessence de l’intellect, qu’Anthony Robbins à la profondeur d’Albert Einstein, la sagesse de Gandhi et la grandeur de vue de Magellan, et que seule la génération spontanée explique la multiplication de l’homo sapiens sur terre avant la parution de The Venusian Arts Handbook de Mystery(1), bref, à tous ceux qui font de l’américanite aiguë, je vais vous suggérer un truc ultra basique.

 

Apprenez à lire.

 

Sans rire. Si vous n’avez pour seules références humaines, philosophiques et littéraires que les bouquins amerloques (ou ceux de leur ersatz français), je ne vais pas tout de suite vous recommander de la « grande littérature »(2), pas plus que je ne tenterai de faire découvrir la musique à quelqu’un qui n’en a jamais entendu par l’étude transcende no 5 Franz Liszt

 

Mais plutôt par un bon vieux succès kitch des années 80, avec un air basique mais joyeux et qui reste bien dans la tête (cochonnerie, c’est vrai que ça reste), comme


(Oui, j’ai honte, mais c’est tellement bon)

 

De la même manière, je pense que pour un lettré, le livre dont je vais vous parler pour l’exemple, parmi les millions de choix possibles, est problement du niveau du top 50 pour un mélomane ;  mais c’est déjà un début.

 

Petit flash bio sur l’auteur, c’est toujours éclairant. Paulo Coelho est un brésilien né en 1947, qui fréquente l’école jésuite qui fera de lui un rebelle introverti (oui, ça existe.)  Il s’opposera au chemin d’ingénieur tracé par ses parents (il voulait devenir écrivain). Son père, désemparé par cet enfant difficile, le fait interner dans un hôpital psychiatrique alors qu’il n’avait que dix-sept ans. Il s’en est échappé 3 fois avant d’être relâché à 20 ans. Pour faire plaisir à ses parents, il suit des études de droit mais les abandonne au bout d’un an. Il devient hippie puis part à 23 ans voyager à travers le Mexique, le Pérou, la Bolivie et le Chili, ainsi qu’à travers l’Europe et l’Afrique du Nord, durant deux ans. Il revient ensuite au Brésil et écrit des chansons. Il est brièvement emprisonné en 1974 pour gestes subversifs contre la dictature brésilienne. Cela lui donnera envie d’une vie ordinaire de journaliste musical. Mais au bout de quelques années, il devient enfin ce qu’il a toujours voulu : écrivain.

Le livre « L’alchimiste », qu’il a écrit en 1988, et dont je propose la lecture (aisée) à votre sagacité, est tout d’abord un roman dépaysant qui vous emmène suivre les aventure d’un jeune berger à la recherche de son trésor, de l’Espagne à travers toute l’Afrique du nord. C’est beau, c’est bien écrit, c’est poétique.

Mais puisque, tel que je vous vois là, vous attendez le rapport avec le développement personnel, voici un échantillon des thèmes que l’on peut trouver dans ce livre.

[…]parce que nous avons peur d’être désappointé, peur de ne pas réussir à réaliser notre rêve, nous n’écoutons plus notre cœur.
  • Saisir les opportunités.

    Quand nous avons de grands trésors sous les yeux nous ne nous en apercevons jamais. Pourquoi cela ? Parce que les hommes ne croient pas aux trésors.

  • Se fixer des objectifs.

    Les décisions représentent seulement le commencement de quelque chose.

    Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer.

  • La peur d’accomplir par peur de perdre ce que nous possédons.

    Lorsque nous cherchons à être meilleurs que nous le sommes, tout devient meilleur aussi autour de nous.

    Personne ne peut fuir son coeur. C’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit.

  • Le lâcher-prise.

    [par rapport aux prévisions excessives du futur ] Si ce sont de bonnes choses, ce sera une surprise agréable. Et si ce sont de mauvaises choses, tu en souffriras bien avant qu’elles n’arrivent.

  • L’influence de l’avis d’autrui.

    Tout le monde croit savoir exactement comment nous devrions vivre.

  • Croire en soi.

    Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve.

    C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante.

    Lorsqu’une chose évolue, tout ce qui est autour évolue de même.

  • Pensée positive, carte territoire et tout ça :

    [après une mésaventure par excès de confiance]Je pouvais alors voir le monde comme si j’étais la malheureuse victime d’un voleur, ou comme si j’étais l’aventurier à la recherche d’un trésor

  • La procrastination.

    Il n’y a qu’une façon d’apprendre, c’est par l’action.

  • La pugnacité.

    Les rêves donnent du travail.

  • L’espoir.

    L’heure la plus sombre est celle qui vient juste avant le lever du soleil.

  • L’adaptabilité.

    Quand quelqu’un prend une décision, il se plonge en fait dans un courant impétueux qui l’emporte vers une destination qu’il n’a jamais entrevue, même en rêve.

  • Le rôle de l’argent.

    A quoi sert l’argent si l’on doit mourir ? Il est bien rare que l’argent puisse sauver quelqu’un de la mort.

  • Apprécier ce qui est.

    Peut-être Dieu a-t-il créé le désert pour que l’homme puisse se réjouir à la vue des palmiers.

  • La finitude de la vie.

    En général, la mort fait que l’on devient plus attentif à la vie.

Mais aussi :
  • Le choix, et donc le renoncement – au moins passager (l’arrêt, le mariage, la sédentarisation définitive, ou la découverte du monde et de ses significations.)
  • Les relations humaines
  • La confiance
  • Faire prospérer un commerce (oui, oui, il y a du marketing dans l’histoire)
  • Apprendre des langues
  • Et peut-être même le fait qu’au final, le trésor pourrait se trouver au fond de soi-même…

Les livres sont là, ils synthétisent la réflexion et l’observation de générations d’érudits et de penseurs, et s’offrent à celui qui sait lire (y compris entre les lignes) pour un prix ridicule, voire gratuitement et par millier dans les bibliothèques municipales (chance que nous avons de vivre dans des pays riches). Alors, prêt à commencer votre documentation sur la vie par la vraie lecture ?



(1) Notez au passage que c’est toujours mieux que l’inépuisable série des Mars et Vénus, dont les impérissables « Mars et Vénus vont à la piscine », « Mars et Vénus font leur compte avec Microsoft Money » et autres « Mars et Vénus contre l’infâme ninja galactique ».

(2) Expression à prendre avec des pincettes. Primo parce que cette notion que les livres qui ont plu – en général très tardivement – à nos élites passées seraient ennuyeux comme la pluie tient souvent plus du préjugé culturel que de la réalité. Et secundo parce que « grande », et la notion de respectabilité qu’elle implique, est sujette à caution en matière de création artistique. Je me bornerai donc ici, non pas à lui prêter une érudition qui l’élèverait au dessus des choses « simples », mais bêtement au caractère créatif et novateur dont a fait preuve son auteur au moment de la parution de la dite oeuvre.

38 commentaires

  1. oxymore1202 dit :

    C’est quand même le pire choix, effectivement un truc kitschoune des années 80, que de parler de Coelho. Et en même temps, on ne peux pas faire meilleur choix? Je m’explique : sous couvert de gloubiboulga philosophique, il nous sert exactement le même package d’idées que le développement personnel. Quête de bonheur glucosée, lâcher prise, bidouillage du langage et toute les demies absurdités propre à ce mouvement de pensée. 
     
    En revanche, si ca a le mérite de mettre en perspective ce qu’on croyait un trésor (mais dans quel état de dénuement intellectuel faut il être pour croire ca ?), c’est le pire choix en ce qui concerne la littérature. Le principal  pouvoir de celle ci, c’est de nous confronter à une altérité irréductible, de nous forcer à sortir de soi. Or, comme il y a là la même filiation de pensée, c’est un coup d’épée dans l’eau.

    (Je dois partir à la fac, j’aurais aimé retravailler le message, m’enfin, y a des priorités, et je doute pas que ta réponse me donnera l’occasion d’y revenir.)

    • Matt dit :

      La faculté universitaire prioritaire face au commentaire d’Acide Ici ? Tes priorités sont bien étranges… Ttttt…

      Plaçons les choses dans leur contexte. Je m’adresse à ceux qui découvrent, émerveillés, le développement personnel, et qui ne sont pas non plus lettrés (faire des découvertes avec le dev perso et avoir lu des auteurs s’étant interrogé sur la vie me semblant antinomique – note que ne pas être lettré n’est pas dans ma bouche une insulte ; pour ma part, ayant fait des études scientifiques, je me considère comme un illettré). Du coup, plutôt que d’aborder la chose par la Comédie Humaine, je propose de l’accessible.

      L’alchimiste réunit trois critères :

      • Il regroupe l’essentiel des idées de développement personnel en un seul bouquin
      • Il appartient à la catégorie « littérature », au sens où il n’est pas édité dans une collection « guide pratique » avec un titre à la noix du genre « Tout le Monde Mérite d’Être Heureux »
      • Il demeure aisé d’accès. Sa lecture en est facile, l’histoire se suit sans la moindre érudition, est prenante, et, très honnêtement, je le trouve bien écrit. La plume est plaisante et si je l’égalais, je serais déjà bien content.

      Voici donc les raisons de mon choix (mais j’ai été clair dans la longue introduction, non ?)

      Maintenant, pour répondre à l’outrage que tu sembles avoir subit, je te concède qu’il serait probablement essentiel de rédiger un petit plan de « développement personnel » (version ACDC, hein, on se comprend) à partir de (vrais) livres. Ce pourrait faire l’objet d’un article, ou même d’une nouvelle catégorie.

      Ou encore d’un e-book (gratuit) à télécharger ? Il faudrait que j’explore l’idée. Ce serait vraiment passionnant. Mais là, le boulot est vraiment important.

       

      • dit :

        « petit plan de « développement personnel » (version ACDC, hein, on se comprend) à partir de (vrais) livres. Ce pourrait faire l’objet d’un article, ou même d’une nouvelle catégorie. »   waaaaaaaouuuhhh! quelle bonne idée!!! je suis cliente!!

        • Matt dit :

          Coucou Kâ,

          Je bosse doucement sur un livret répondant à cette demande, en effet (l’idée étant partie de là où tu commentes). :)

          Par contre, j’avais prévu d’en faire un livret gratuit, et j’ai déjà une cliente… Hum, ça me donne envie de changer mon plan ! :mrgreen:

  2. Roland dit :

    Voilà un site sur le développement personnel, ou plutôt l’amélioration personnelle avec un ton plus épicé que ce que l’on peut lire ^^.

    • Matt dit :

      Merci Roland !

      « Amélioration personnelle », ça s’éloignerait déjà du vocable commun, ce qui serait une bonne idée pour recréer la notion. C’est d’ailleurs une traduction littérale de l’expression anglaise pour dev perso : « self improvement ». Il faudrait explorer l’idée.

      « Amélioration de l’homme » m’aliénerait celles de mes lectrices qui pourraient mal placer leur féminisme. « Amélioration de l’humain » fait un peu manipulation génétique et eugénisme. « Formation de l’honnête homme » retombe sur le précédent. 

      Mais on doit pouvoir aisément trouver la bonne expression. :)  

  3. Martin dit :

    Je suis retourné sur ton blog pour voir s’il y avait du nouveau, bravo à toi Matt pour tes articles, toujours acides :)

    Sinon qu’est-ce qu’un AFC?

    A bientôt 

    Martin 

    • Matt dit :

      Merci Martin pour tes encouragements ! :)

      Chez les gens étudiant la séduction avec la démarche du geek devant un processeur, « AFC » signifie « Average Frustrated Chump », le mec frustré moyen, celui dont la vie sexuelle n’est pas satisfaisante : c’est l’état dont ils partent (ou ne partent pas du tout, d’ailleurs, ça dépend des cas) et qu’ils fustigent chez d’autres afin de renier leur passé. 

      Tiens, ça fait longtemps que je ne suis pas passé sur ton blog, j’y vais de ce pas. :)

      A bientôt,

      Matt 

      • jon dit :

        T’as été modérateur dans un forum de séduction ??????
        Naaaan.
        En même temps, je me demande si tu nous enfumes pas un peu, en même temps je m’interroge sur ta santé mentale si c’est vrai, et en même temps, je suis un peu  jaloux parce que ça doit être – à court terme- un job trop hilarant.
         

        • Matt dit :
          • A toi de savoir, de par le ton général de mon blog et la manière dont j’écris et source mes articles, etc., si je suis un mythomane ou pas.
          • Si j’étais mentalement sain, je suppose que je ne bloguerais pas. Et toi non plus… ;)
          • Hilarant n’est pas le terme que j’emploierais. Intéressant, navrant, ouvrant sur des modes de pensées différents, re-navrant, fabricant beaucoup de relations (pas que sur la toile, dans la vraie vie surtout), encore un coup de navrant… C’est à faire sur un temps limité.
          NB : les nombreuses occurrences de « navrant » n’ont pas, en seconde analyse et selon moi, à voir avec le sujet du forum (les mécanismes psychologiques et sociologiques de la séduction dans la relation humaine, majoritairement vus du côté masculin) mais plutôt avec le fait que ce soit un forum (donc tout le monde, donc une panoplie de cons, et en prime, tu les sélectionnes). Car si un certain nombre de ceux que j’y ai croisé étaient des larves sans intérêt, c’est loin d’être le cas de tous les membres (d’alors, en tout cas ; actuellement, je n’en sais rien), et je dirais même que le niveau intellectuel des participants de ce forum particulier était infiniment supérieur à ce que j’ai pu voir dans d’immenses forums généralistes type doctissimo, qui est peut-être la plus grande concentrations de crétins dégénérés de toute la blogosphère francophone. J’avais d’ailleurs effleuré le sujet dans cet article.
          • jon dit :

            Il est clair qu’il faut que j’essaie de te lire plus souvent pour démêler ce qui relève de la mythomanie ordinaire et ce qui est lié à ta pathologie propre :-P
            Je vais aller lire cet article de ce pas.
             
             
             
             

  4. Roland dit :

     Effectivement, sur un site de séduction référence, j’ai noté dans certains commentaires une virulence inouïe envers les « AFC », comme si c’était la lie de l’humanité… Parfois, bien plus sévères que le créateur du site lui-même.
     Etrange de constater que quand des gens découvrent une source d’informations et y adhèrent, certains (pas tous) se prennent pour une sorte d’élite privilégiée et méprisent férocement les « autres » qu’ils étaient avant d’ailleurs. Et certains d’entre eux, dans les forums de séduction, ne sont pas forcément des « tombeurs ».
     Il faut de la mesure dans tout, c’est valable pour l’alcool, mais pour les relations humaines aussi.

    • Matt dit :

      Ah, il faut rester modéré avec l’alcool ? C’est pour ça !! Je m’en souviendrai.

      Sinon, en plus du fait de renier son passé (ce qui est le plus important dans l’histoire), il y a trois autres effets puissants, je pense, dans la fustigation des « AFC ».

      • La première,  c’est que les gens se croient toujours très malins lorsqu’ils ont l’impression d’avoir fait des progrès immenses sans la moindre fatigue (apprendre un acronyme n’est pas un effort surréaliste).
      • Ensuite, et ça a fait la fortune de nombreux clubs privés (c’est aussi le business model de l’industrie du luxe), c’est extrêmement grisant de se sentir soudain membre d’un cercle très fermé dont la plèbe est exclue.
      • Enfin, comme j’en parle ici, l’utilisation d’un jargon incompréhensible par le commun des mortel flatte toujours l’humain dans son ego, renforcé qu’il est dans l’idée qu’il n’est pas n’importe qui.
      Cela me rappelle une histoire d’éthologie impliquant des singes, une banane accroché en hauteur et un dispositif anti-incendie. Vous la connaissez ?
  5. Roland dit :

    « Cela me rappelle une histoire d’éthologie impliquant des singes, une banane accroché en hauteur et un dispositif anti-incendie. Vous la connaissez ? »
     Non.
     
    « La première,  c’est que les gens se croient toujours très malins lorsqu’ils ont l’impression d’avoir fait des progrès immenses sans la moindre fatigue (apprendre un acronyme n’est pas un effort surréaliste). »
     Oui, c’est le syndrome du « plus royaliste que le roi » ^^

  6. Martin dit :

    Pour le singe, la banane et le dispositif anti-incendie, je ne connais pas. de quoi s’agit-il?

    Pour le reste, c’est avec plaisir Matt :) Pour la séduction, en fait mon humble point de vue, c’est qu’il faut connaître quelques bases de marketing de soi et de psychologie humaine, mais pas appliquer singement un conseil mais se faire ensuite sa propre expérience. Les acronymes pour le restent ne servent sans doute pas à grand chose.

    OK pour AFC, je comprends… Une certaine forme de snobisme pour se montrer différents des sois-disant looser que tout le monde est plus ou moins.

    A bientôt et merci pour ta pluie de commentaires, Matt :)

  7. Matt dit :

    « Une certaine forme de snobisme pour se montrer différents des sois-disant looser que tout le monde est plus ou moins » : pile-poil. :)

     

     Bon, à la demande générale, les singes et la banane.

     

    Cette parabole s’appelle aussi le théorème du singe.

     

    Un groupe de chimpanzés est isolé dans une pièce dans laquelle se trouve, accrochée au plafond, une banane bien affriolante pour les papilles. Une échelle est disposée afin d’accéder à la gourmandise. Malheureusement, la pièce est également équipée d’un système permettant de balancer de l’eau glacée sur tout le monde dès qu’un singe tente d’escalader l’échelle.

     

    Rapidement, les pauvres bêtes apprennent qu’ils ne doivent pas escalader l’échelle. Le système d’aspersion ne sera ensuite plus jamais mis en oeuvre : les chimpanzés ont appris de leur expérience et ne tentent pas l’escalade  désagréable pour tous.

     

    On remplace alors des singes par un nouveau venu. Evidemment, l’innocente bestiole aura pour premier réflexe de tenter d’attraper la banane en gravissant l’échelle, mettez-vous à sa place. A ce moment-là, les autres se mettent à lui taper sur la tronche pour son outrecuidance afin de le dissuader de braver l’interdit. 

     

    Lorsqu’un second chimpanzé est remplacé, non seulement il se fait latter la tronche par tout le monde, mais encore le précédemment arrivé est-il celui qui tape le plus fort (ya pas de raison, non mais).
     

     L’expérience est poursuivie jusqu’à ce que la totalité des chimpanzés ayant connu l’origine de l’interdit soit remplacée. Néanmoins, aucun des singes ne tentera d’escalader l’échelle pour atteindre la banane. Et si d’aventure l’un d’entre eux s’y essaye, il est puni par l’ensemble du groupe, bien que personne ne sache pourquoi il ne faut pas manger cette satanée banane.
     

    On dit que c’est comme ça que se forme une culture d’entreprise… Comme dit Roland, ils sont plus royalistes que le roi.

     

    Notez que ça fonctionne très bien aussi avec  une religion.

  8. Martin dit :

    OK pour le premier point :)

    Pour les singes, c’est intéressant. Merci pour le partage d’expérience. Cela montre bien qu’une réaction donné à une période donnée (justifiée pour les singes) se perpétuent dans le temps sans aucune vérification ou remise en question.

    • Matt dit :

      L’honnêteté intellectuelle me force à relativiser le terme d’ « expérience » que tu utilises. J’aime sourcer ce que je raconte, et si je ne l’ai pas fait ici, c’est que je n’ai pas trouvé de vrai référence. Sur le net, on s’y réfère souvent comme étant issu de la San Diego State University, mais je n’ai pas trouvé de publication relative à cette histoire en première recherche rapide. C’est pourquoi je l’ai intitulé « parabole » : j’ai peur qu’il ne s’agisse pas vraiment d’une expérience d’éthologie pratique.

      Mais je crois très fortement que les humains, au moins, fonctionnent comme ça. :)  

  9. jon dit :

    Ce que je ne comprends pas dans cette parabole des singes, c’est pourquoi à un moment.. un des singes ne fait pas un ebook pour expliquer aux autres qu’il ne faut pas monter à l’échelle.. ?
    Il pourrait le vendre contre des bonnes bananes sans risque de se faire chopper par le coup de l’échelle ?

    • Matt dit :

      C’est que la parabole est incomplète, simplement. Quant à la nature de son écrit, ça dépend du nom du singe.

      Moïse, Jésus, Mahomet, Tim Ferris… Bref, beaucoup d’entre eux, ont ensuite vendu leur e-book.

      D’ailleurs, je vais finir par leur emboîter le pas un jour. J’ai même choppé la doc constructeur de l’échelle et de l’arroseur. 

  10. Matt dit :

    @JON : Excellente initiative. :)

    • Martin dit :

      Des M-Book, vous voulez dire (Monkey Book)? Mais la parabole est intéressante dans tous les cas :)

      Cela étant, comment les singes sont censés savoir que le dispositif est désactivé? En testant de temps en temps?

      Enfin, est-ce normal? Il faut cliquer deux fois sur le bouton laisser un commentaire pour en laisser un

      • Matt dit :

        L’histoire, Martin, ce n’est pas qu’il soit normal qu’ils ne sachent pas que le système est désactivé : c’est qu’aucun ne connaisse plus l’existence du dit système. Ils suivent donc un interdit qu’il ne comprennent en rien, et avec ferveur en prime.

        M-book, c’est très bon ! :)

        Enfin, cette histoire de clic dure depuis le thème  actuel du blog, soit un bout de temps, et je ne sais pas comment le résoudre. Il faudrait probablement que j’y rejette un oeil.

  11. Sylvain dit :

    Alors là, je suis sur le cul. Un blog axé développement personnel qui cause d’autres choses que de tous les sujets plats et niais qu’on a l’habitude nous servir aux 4 coins du oueb?! 
    Genre les mecs qui distillent des grandes leçons de vie à tout le monde depuis la piaule de papa et maman…

    Chapeau l’artiste. Et dire que j’ai attéri ici en suivant ton lien dans les commentaires de chez Jon (inzehood). Comme quoi, tout arrive  :D

    Quoiqu’il en soit, c’est déjà dans les favoris, et je repasserai régulièrement voir un peu de quoi ça cause ici.     
    Sylvain a posté dernièrement Lancement officiel du site On Ne Dit Pas !

  12. Excellent site que je découvre avec plaisir et délectation.
    Comme livre sur le dvt personnel de manière détourné, je ne saurais vous conseiller la lecture de pas mal de manga comme bakuman (valeur de l’amitié, des passions, de la saine émulation concurrentielle, etc) , <a href="http://wikoaching.fr/2012/05/ma-voie-de-pere/" title="ma voie de père">, je ne suis pas mort, l’or de la terre, etc.
    Beaucoup de mangas sont en fait des romans graphiques plein de philosophie.

    • Matt dit :

      Bonjour Michael, et merci pour ce commentaire ! :)

      En effet, je n’ai pas cité de bande dessinée dans cet article, mais ça n’en fait pas pour autant un art mineur (pas plus qu’un roman de chez Arlequin n’accède à la dignité d’œuvre littéraire sous prétexte qu’il s’agit d’un « roman »). De la même manière, il existe des animés « d’auteur » et de films en image réelle qui sont des navets infects.
      Par contre, c’est un art jeune en tant que support d’histoires (et non 3 cases se suivant avec un effet comique), de moins d’un siècle – comme le cinéma, en très gros. En fonction des générations, des situations géographiques et des cultures de chacun, ce support sera considéré ou non.

      Bref, tu as cent fois raison de citer des BD, quelles que soient leurs nationalités, dans ce contexte. Et si tu veux écrire un petit article invité faisant suite à celui-ci, pour présenter tes références, ça pourrait être très sympa. :)

      A bientôt,

      Matt

  13. C’est avec plaisir que je te ferais un article invité sur cela. Tu me donneras la marche à suivre pour te le faire parvenir.

    • Matt dit :

      Eh bien idéalement, tu me proposes un article (en HTML si tu es en forme, le tout exempt de fautes de français tant que faire se peut), ta bio / présentation de blog, tes illustrations si tu en es déjà là, le tout à matt@acide-ici.fr, je lis tout ça et on en discute. :)

  14. Cécile dit :

    C’est un très bon article, je trouve.
    Je suis d’accord sur ce que tu dis à propos des livres « amerloques et leurs ersatz français », j’en ai lu pas mal, et bon dans le genre idées révolutionnaires on fait mieux en général.
    Je pense que le succès de ce genre de livre est dû à la façon dont les concepts sont présentés : des listes simples, des actions directes, et en général un auteur qui se fait mousser (genre dans Rich Dad Poor Dad dont le ton m’avait pas mal énervée). Bref ces livres sont des livres de coaching, des recettes toutes faites à appliquer sans réfléchir, et je pense que c’est ce que pas mal de gens recherchent.
    Car quand tu regardes bien, la plupart des « conseils » que tu trouves sur les sites de développement personnel, ce sont des trucs que tu aurais pu lire en lisant Les Lettres à Lucilius par exemple. Savoir que la dette = l’esclavage, Hugo le dit dans Les Misérables. La liste est longue.
    Mais avec ce genre de lectures, il faut réfléchir, et ça, ça fait mal à la tête ;-)
    Je viens de découvrir ton blog, et j’aime beaucoup le ton de tes articles. Au plaisir de te lire donc.

    • Matt dit :

      Merci pour ton commentaire, Cécile ! Ça fait plaisir de voir quelqu’un qui réalise que l’essentiel de ces « révolutions » a déjà été écrit il y a des siècles…

      Le succès tient à plusieurs choses :

      • un bon marketing, faisant miroiter de manière excessive le changement de vie offert par le contenu du bouquin ;
      • du simpliste facile à suivre en apparence, comme tu le soulignes ;
      • et enfin, comme tu le soulignes également, le simplisme précédent ne fonctionne que parce que les gens ignore que tout cela est déjà expliqué ailleurs, pour peu qu’on accepte de réfléchir un peu au lieu de demander le « spoon feeding ».

      Enfin, merci pour tes encouragements ! :)

      Matt a posté dernièrement Devenez ce que vous êtes

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