L'endormeuse

L’endormeuse, un livre qui peut vous réveiller

L'endormeuse

Après avoir écrit Les Petits Galets, dont je vous avait déjà parlé, Gilles Wozelka (qui m’avait fait le plaisir de m’accorder une interview business) nous revient avec une « prequel » venant former le second volet de sa trilogie : L’endormeuse. Nous partons là dans la genèse du rôle que s’est attribuée celle qui se fait appeler « l’endormeuse » dans le premier opus de la saga, et ce voyage dans le temps est des plus agréables.

Nous nous retrouvons spectateurs de l’âge mûr de notre endormeuse alors qu’elle était encore une avocate impitoyablement carnassière, tout autant qu’une brebis égarée dans sa propre vie, mais ignorant ce second aspect de la réalité. Une rencontre va pourtant lui ouvrir les yeux de la manière la plus simple qui soit – par quelques questions qui pourraient être celles d’un enfant. La recherche de réponses à ces interrogations simples sur sa vie va emmener notre héroïne, via le déterrage d’un passé profondément enfoui, à la découverte d’elle-même.

Toujours abonné à un format court, Gilles Wozelka nous propose là encore un livre à l’écriture claire, qui se lit rapidement et sans violence. Mais il a intégré à son style, zen et dépouillé dans son roman précédent, la notion d’intrigue qui rend selon moi L’endormeuse supérieur aux Petits Galets. Le suspense existe, l’histoire est construite et on se demande par exemple qui est cet homme qui a déposé une petite annonce aussi insolite dans un journal local. On se laisse mener jusqu’à la dernière page.

Comme son prédécesseur, ce livre a pour vocation de poser au lecteur quelques questions simples et néanmoins fondamentales sur l’essence de la vie. Le genre de questions triviales auxquelles on oublie couramment de répondre, pressés que nous sommes, trop souvent, de faire passer la déco de la maison avant ses fondations. En ce sens, cet ouvrage est totalement raccord avec le présent blog, et c’est la raison logique pour laquelle je vous en recommande la lecture.

Je trouve à ce roman le défaut de sa qualité. Il est court, clair, et aisé d’accès, et par conséquent, la fin s’y déroule un peu trop vite et aisément à mon goût. Les erreurs ne laissent pas de séquelles, les fautes – même graves ou commises sur de très longues durées – sont immédiatement oubliées, les gens se comprennent et se pardonne sans le moindre effort apparent. C’est donc sur le réalisme de la fin de son prochain livre que j’attends Gilles Wozelka de pied ferme : j’espère que son écriture grimpera encore une nouvelle marche !

Au final, il s’agit-là d’un livre agréable, qui fait passer un bon moment, avec une intrigue, et qui surtout en profite pour réinterroger nos fondamentaux, que nous ne devons jamais perdre de vue, alors que c’est pourtant tellement aisé. Ce petit recentrage vaut amplement les quelques euros et l’heure ou deux à investir dans cette lecture.

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