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Retour sur mon life hack qui garde mes projets sur rails à long terme

Projets long terme

Garder sur rails des projets à long terme n’est pas toujours si aisé

Sur Il est Libre Matt (un projet dont je vous parlerai sous très peu et vers lequel je mettrai un lien aussi tôt que j’aurai restauré sur cet hébergement la sauvegarde que j’en avais faite), j’avais partagé l’idée de renseigner une fois par semaine un document où je garderais trace de mes avancées sur mes projets principaux, dont j’avais déjà fortement élagué le nombre lors de mon début de retraite très anticipée. Quasiment 120 semaines plus tard, il est temps de vous révéler si cela sert à quelque chose ou pas.

Pour quoi faire ?

Avoir des projets dans la vie, c’est bien. Pour certains, c’est même carrément essentiel, voire vital. J’ai à ce sujet ma petite théorie sur la différence ontologique entre les contemplatifs et les bâtisseurs, mais bref. Que vous ayez le désir d’escalader l’Everest, d’apprendre le modo-slovaque, de vous reconvertir professionnellement, de préparer le concours des beaux-arts, d’écrire un essai philosophique ou de jouer de la cornemuse comme un highlander formé au berceau, rien de tout cela ne survient d’un claquement de doigts, overnight comme on dit là où j’habite. Il ne s’agit pas d’événements mais de trajets. Et tout capitaine de navire fait le point régulièrement et trace sa trajectoire sur la carte (au moins mentalement) afin de se diriger convenablement. Je vous suggère d’en faire autant.

Comment ça marche ?

Si vous voulez tester la chose, le principe est simple.

Un fichier

Tout d’abord, ça se fait sur le cloud (un document dans mon Google drive en l’occurrence), afin de ne pas perdre le fil au prochain changement d’ordinateur / crash disque / changement de taf / déménagement / whatever. Un bête fichier texte suffit (chez moi, il s’appelle « Weeks of Life »). L’utilisation d’un tableau n’est pas un apport évident dans mon cas (entre autres parce que mes projets se sont affinés dans les temps et que les colonnes en auraient été variables).

Un planning

Ensuite, ça se structure de manière hebdomadaire. Les bilans de fin d’année, c’est sympa mais pas très efficace seul. Le micromanagement à 10 minutes près, c’est inefficace, stressant, ça tue toute sérendipité, et c’est même plutôt con. Il m’a semblé que la semaine constituait un rythme à la fois équilibré et bien implanté socialement (personne ne sait à quoi ressemble le 17 du mois, mais tout le monde sait à quoi ressemble un dimanche ou un jeudi). Donc on met un rappel hebdomadaire à l’aide de son Google Calendar ou par n’importe quel autre moyen. En ce qui me concerne, j’ai commencé par faire mon bilan de semaine le dimanche soir, mais, bien que le rappel soit toujours actif à ce moment-là, commencer ma semaine par le dit bilan le lundi matin me correspond mieux.

Une structure

Jongler entre les projets n’a rien d’évident

De plus, ce document s’associe chez moi à un autre, au format plus libre, où je fixe mes idées sur ce qui est essentiel pour moi. Chez moi, il s’appelle « Perpetual True North », parce que j’avais écrit plusieurs « True North » à des années différentes, et que maintenant j’y écris en continu. Il me sert à faire le bilan de Weeks of Life en début d’année (rubriques « Bilan de l’année passée », « État d’esprit » et « Année à venir »), mais aussi à consigner (avec la date) mes changements ou évolution de projets.

Vous y déterminez donc ce que vous voulez vraiment accomplir, en éliminant le secondaire et l’accessoire au maximum. Chez moi, il y a actuellement 7 lignes, certaines se séparant en deux ou trois sous-lignes. Mais cela a évolué durant les deux ans et quelques depuis lesquels j’ai démarré cette méthode.

Au passage, sept lignes, cela peut sembler trop, surtout avec des sous-niveaux. Mais il se trouve que ces lignes elle-mêmes ont une hiérarchie intrinsèque. Notez par exemple que malgré le fort élagage que j’ai opéré dans mes projets personnels, je garde une ligne V pour « Various » (qui aurait pu s’appeler « Miscellanous »), pour tracer les activités diverses que j’ai hors cadre (jonglage, jeu de go, magie, les romans que je lis….), ça peut permettre de voir des choses ultérieurement. Une autre des lignes est liée uniquement à un aspect actuel de mon lifestyle, comme on dit en pipeaulangue, aspect qui disparaîtra de lui-même dans un an. Une autre encore a rapport à un suivi d’état de certaines choses et, bien que ce soit important, ce n’est pas un réel projet en soit. En fait, il y a deux lignes très importantes, une secondaire et trois tertiaires. Donc le nombre de 7 « projets » en cours ne me disperse pas. (A la limite, ce serait plus l’existence de 2 lignes primaires, une concernant l’astrophysique et une concernant la musique, qui serait plus de nature à me disperser, mais que voulez-vous…) Bref, si la hiérarchie est claire pour vous, vous pouvez vous offrir le luxe de tracer quelques petites choses secondaires en plus de ce qu’il est essentiel que vous accomplissiez avant d’avoir calanché(e).

Et c’est parti

De là, il suffit de remplir. Date, numéro de semaine, puis un nombre de lignes fixe correspondant à vos différents projets (identifiés chez moi par une seule lettre, mais c’est vous qui voyez), avec éventuellement des sous puces si le domaine est structuré (par exemple, j’ai plusieurs sujets d’études sous la ligne « astrophysique », de même que sous « musique »). Une fois par semaine, vous créez un bloc de lignes tels qu’indiqué (date, numéro de semaine, et une ligne par semaine) et vous écrivez quelque chose de très synthétique, quelques mots suffisent.

Si le projet est mesurable (c’est toujours mieux), vous pouvez noter le pourcentage de complétion ou un indicateur du même genre. S’il s’agit de quelque chose de plus étalé dans le temps ou de plus diffus, notez les actions/efforts/etc. de la semaine.

Par exemple, si vous écrivez un livre constitué de 10 chapitres, « Chapitre 3 80 % » est suffisant. Si parmi vos projets vous voulez simplement tenir un blog, maintenir votre niveau d’endurance ou acquérir un élo de 2000 aux échecs (aucun de ces projets n’étant les miens), il vaut mieux noter ce que vous avez fait. Se maintenir en forme n’est pas stricto sensu un objectif bien défini, daté et mesurable ; tenir un blog non plus. Enfin, le 2000 aux échecs est bien défini et mesurable (et peut être daté), mais vous n’en aurez pas de nouvelle mesure entre deux tournois, et écrire « X » ou « +0 » chaque semaine n’est ni motivant ni vrai. Dans tous ces cas, il vaut mieux noter « 3 courses de 8 km », « un article publié et une vidéo tournée à monter » ou « 5 parties contre logiciel truc avec tel résultat, 20 problèmes de tel niveau, étude du chapitre 5 du Tarrash ». Ça permet aussi de voir quand cela fait un bout de temps qu’on n’en fait pas assez sur un domaine, ou au contraire qu’on tient une belle routine de progression et que sous un an, on aura crevé le plafond.

Au cas où, ceinture et bretelles

Raffinement ultime qui pourrait me faire passer pour un dangereux maniaque, je note sur mon téléphone ce que je fais au cours de la semaine, en ultra télégraphique (un mot, en gros). Et je ressors ça lorsque je fais mon bilan hebdomadaire. Je sais, j’ai vraiment l’air d’un grand malade en écrivant ça, mais en fait, ça me prend littéralement 30 secondes 2 ou 3 fois par jour, parfois moins (j’utilise l’application de prises de notes de base d’Android ou iOS), et ça me montre que je fais tout de même pas mal de choses dans une semaine, ce que j’ai tendance à (parfois largement) sous-estimer si je fais ça de tête le lundi matin. C’est vous qui voyez.

Est-ce que ça sert à quelque chose ?

Oui, à plusieurs choses. Ça aide à se concentrer sur ce qu’on veut vraiment faire. La dispersion peut-être un ennemi mortel, à la fois par étalement de l’énergie et du temps, mais aussi parce qu’un projet qui n’a presque pas avancé depuis trop longtemps redevient un doux rêve. Rappelez-vous de votre copine Bernadette qui vous raconte depuis 15 ans qu’elle écrit son bouquin…

Ça motive, aussi. Vous savez qu’en fin de semaine vous devrez remplir votre document, et vous n’avez pas envie de mettre « X » (c’est mon indicateur d’absence de progrès dans le domaine concerné) à toutes les lignes. Ce serait vous décevoir vous-même.

Projet déraille

Un projet, ça déraille facilement…

De plus, si vous avez plusieurs sujets en parallèle, une petite remontée sur les semaines précédentes vous aide à savoir depuis combien de temps vous avez laissé le projet 1 de côté en vous investissant exclusivement sur le 2. C’est étonnamment difficile à savoir de tête. Si cela fait longtemps, cela veut dire

  • soit que vos priorités ont changées,
  • soit au contraire que vous refusez d’abandonner 1 mais que vous êtes face à un blocage que vous évitez de traiter depuis bien plus longtemps que vous ne vous l’êtes avoué.

Dans tous les cas, c’est à savoir et à intégrer.

Cela vous permet aussi d’avoir un cap à plus long terme, par exemple en prenant une demi-heure aux alentours du premier janvier pour parcourir les 52 semaines précédentes et faire un résumé de vos avancées (dans le fichier True North précédemment évoqué), et peut-être en profiter pour redéfinir vos objectifs.

Pour quelqu’un aussi dispersé que moi, en tout cas, cet outil auto-forgé a été plutôt positif. Si ça vous dit, testez-le !

1 commentaire

  1. Roland dit :

    Une méthode pour garder le cap. Ça faisait un moment qu’on n’avait pas de nouvelles ^^

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