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Le mal-être de l’ingénieur du XXième siècle

Rêve d'ingénieur

Le doux rêve de l’ingénieur encore naïf…

 

Ce site compte parmi ses lecteurs une certaine proportion d’ingénieurs. Je suis couramment saisi par le mal-être diffus qui sévit dans cette catégorie professionnelle en ce début de XXIème siècle. Souvenez-vous par exemple de l’interview de Reynald, qui s’est reconverti comme professeur de sophrologie. J’ai récemment rencontré une ingénieur(1) qui, après avoir exercé durant quelques années comme consultante en informatique sur SAP, s’est un matin réveillée en réalisant qu’elle n’avait jamais voulu faire une telle chose étant petite, a tout arrêté, a passé un an dans une école de stand-up et tente à présent de percer en écrivant des comédies. Je vais peut-être lui proposer une petite interview, à l’occasion. Bref, les ingénieurs se reconvertissant dans les arts, voire le développement personnel, voire (pire) recherchant du sens dans des activités ésotériques confinant au sectaire, sont légion. Cet état de fait s’analyse pourtant selon moi d’une manière relativement simple.

L’échelle des valeurs en France

Prenons tout d’abord un pays comme la France, patrie d’Auguste Comte ( 1798 – 1857) qui fut reçu à 16 ans à l’École polytechnique, dans les premiers, se lança dans la philosophie et fût un précurseur de la sociologie. Ce brave Auguste est l’auteur de la loi des trois états, selon laquelle l’esprit humain passe successivement par « l’âge théologique », puis « l’âge métaphysique », pour aboutir enfin à « l’âge positif » admettant que la seule vérité accessible l’est par les sciences. Aboutissement de la pensée, les sciences « dures », comme les mathématiques ou la physique, vont permettre de réaliser une triple tâche : « Éliminer les spéculations métaphysiques abstraites, établir les critères de la rationalité des savoirs, et comprendre les lois de l’organisation sociale« .

Dans sa lancée, il édicte (dans une logique d’analyse que personnellement j’aurais tendance à attribuer un Descartes, mais ça n’engage que moi), que « Tous les phénomènes observables peuvent être […] disposés de telle manière que l’étude de chaque catégorie soit fondée sur la connaissance des lois principales de la catégorie précédente, et devienne le fondement de l’étude de la suivante. » (Cours de philosophie positive, deuxième leçon).

En totale cohérence avec tout ce qui vient d’être énoncé, il établit une classification des sciences qui deviendra une hiérarchie de valeurs, dans l’ordre :

  • les mathématiques,
  • l’astronomie,
  • la physique,
  • la chimie,
  • la biologie,
  • et enfin la sociologie.

En France, les mathématiques, vidées de leur potentiel à passionner l’esprit humain, deviennent donc au fil des ans instrument de sélection et unique filière d’excellence(2). C’est ainsi que tous les bons élève parmi mes lecteurs se sont probablement vu poussés vers les terminales S ou C (selon l’âge), puis vers les classes de Mathématiques Supérieures et Spéciales. La plupart, sans aucun goût particulier pour l’activité en question (pour rappel, on a le droit d’être généraliste…) Certains autres, comme moi, intrinsèquement fait pour faire de la recherche scientifique, se sont vu amenés à obtenir pour commencer un diplôme d’ingénieur (parfois même sans mettre un seul pied dans le moindre cours d’électrotechnique, automatique et autres électronique analogique, voire sans fréquenter l’école en dehors des partiels…)

 

Le développement de filières d’ingénieur et leurs débouchés en temps de crise

Eh oui, car on s’est mis à en consommer, des ingénieurs. Tant qu’à faire, en temps de croissance économique très modérée(3), lorsque le marché de l’emploi est dirigé par l’employeur (par opposition aux trente glorieuses, qui virent ce dernier dominé par les employés), autant faire monter les enchères. Si vous aviez le choix enter une entreprise peuplée de techniciens munis d’un Bac+2 et quelques ingénieurs d’un côté, et une entreprise où tous les techniciens sont eux-mêmes ingénieurs de l’autre, le tout pour un prix uniformisé, vous choisiriez quoi ? Ah, vous aussi…

Bref, l’école d’ingénieur est devenue essentiellement non point le lieu de réalisation d’un appel de vocation, mais l’endroit où l’on souscrit à une assurance chômage. La mode aidant, un nombre de plus en plus important d’écoles ont vu le jour, et nous disposons à présent d’un large panel de niveau de compétition à l’entrée (de la légendaire école Polytechnique à la plus obscure des écoles privées ouverte dans l’année) recrutant sur votre habileté à calculer des intégrales triple, vos capacité à diagonaliser des matrices fourbes et vos connaissance des équations de Maxwell pour ensuite vous proposer des cours de qualité, d’assistance à gestion de projet et d’audit de processus.

 

Le glissement du concept d’ingénieur et son divorce d’avec la science

Dans le cheminement, quelques rescapés remuent encore. Ceux qui avaient réellement une vocation d’ingénieur, « d’être ingénieux » au centre de mille inventions et créations de la vraie vie. Ils se voient encore perpétuer l’esprit de ses illustres prédécesseurs : Imhotep, Archimède, Gutenberg, Louis Blériot, Denis Papin, Gustave Eiffel, Wernher von Braun, André Citroën, André Michelin, Ferdinand Porsche, William Siemens, Henry Ford, John von Neumann,  et bien entendu l’indétrônable Léonard de Vinci.

Dans 50% des cas, ces pauvres hères réaliseront, en sortie d’école, des entretiens d’embauche ayant en substance cette teneur :

– Bonjour, je suis ingénieur en chimie !
– Parfait, vous ferez de l’informatique pour une compagnie d’assurance.

Les autres atteindront directement le poste que les premiers se verront offrir dans plusieurs années : la manipulation de paperasse(4).

Des secrétaires de luxe

Car au final, le candidat ingénieur dont nous avons parlé plus haut (mais si, vous savez, intégrales triples, diagonalisation, équations de Maxwell, tout ça), dans l’éloignement le plus absolu de toute notion scientifique (rappelez-vous qu’en général, ils n’avaient pas d’aspiration pour la science, simplement une aisance à manipuler ses concepts élémentaires au lycée) effectuera des tâches de secrétariat amélioré durant toute sa carrière. Création de fichier de suivi (sous Excel, bien entendu, l’utilisation d’un tableur de calcul se justifie amplement, vous pensez bien), gestion documentaire des milliards de dossiers fournis par le client ou créés en interne, documentation de la manière dont les collègues ont pressé tel bouton dans tel logiciel de calcul, et bien sûr, des centaines d’heures passées à trifouiller dans Word(5) pour faire en sorte que son ç& »_(]~{\#{[`~ de document respecte la charte qualité (Arial 10, 17 points de marge à gauche, etc.)

Déprime au bureau

… qui se heurte à une triste réalité

 

Amené durant 40 ans à donner son avis (puis écrire un rapport et monter 10 réunions par avis pré-cité) sur la manière dont un industriel graisse un tuyau ou bien sur le fait que telle banque doive adopter Oracle ou Ingres comme base de données, l’ingénieur encourt un risque d’étiolement.

Et puis, de toutes façons, en France, les perspectives d’évolution en tant qu’expert technique sont quasiment nulles. Chez nous, on ne progresse qu’en montant dans la hiérarchie des encadrants. Ce pour quoi la majorité des mutants à lunettes sortant de Math Spé présent un don extrême, don qui fut cultivé tout au long de leur formation initiale puis professionnelle, comme vous vous en doutez…

Des cerveaux aptes à l’abstraction mais sous-employés

Et nous voici avec une population – ceux qui se sont étiolés – ayant soif de sens, ne comprenant pas l’utilité de leur activité quotidienne dans les rouages d’entreprises de milliers de personnes, et sentant que leur potentiel créatif est tout bonnement étouffé (je ne vous parle même pas de ceux qui en plus veulent faire de la science). La France forme 32 000 ingénieurs par an, si j’en crois un article aux arguments extrêmement vaseux du très sérieux journal Les Échos(6) qui allègue que l’on a un besoin impérieux de secrétaires issus de grandes écoles (sachant que, comme évoqué dans le dit article, ceux qui abandonnent tout de suite toute idée romantique de l’ingénierie réalisent vite que, perdu pour perdu, il vaut mieux gagner réellement sa vie, en s’orientant vers la finance par exemple).

Les reconversions professionnelles sont légion dans cette catégorie. L’enseignement de matières scientifique est couramment une première approche examinée par celles et ceux qui doutent. L’envie de quitter le salariat et de monter sa boîte vient vite aussi (envie directement issue du désir de rupture franche avec une situation dans laquelle, en général, l’ingénieur peine à savoir à quoi peut bien servir ce qu’il fait et pourquoi sa hiérarchie semble n’émettre que des ordres incompréhensibles). Puis tous les changement totaux de direction (comme la sophrologie ou la comédie, évoqués en ouverture d’article). Enfin, la crise de sens peut s’étaler sur le net et en augmenter encore le bruit (il n’y en avait pourtant pas besoin), avec tous ces sites de « développement personnel » créés par des ingénieurs cherchant à s’évader de leur condition, ainsi que les plus fous qui cherchent à propager leur théorie physico-métaphysique du monde permettant d’expliquer la création de l’univers, « l’erreur de la relativité », la nature de l’âme et démontrant la possibilité de résurrection des morts (ils ne vont pas jusqu’à ressusciter les vivants) à l’aide de leur théorie d’expansion de bulles de vide supraluminique dans l’éther et de leur interprétation de l’aura humaine dans le cadre de l’acuponcture de Chine septentrionale au IIIème siècle avant notre ère. Cherchez deux secondes, vous en trouverez plein(7).

Parents, n’obligez pas vos enfants à devenir ingénieurs simplement parce qu’ils ont 14 de moyenne en math en seconde et que vous pensez que c’est un bon débouché !



(1) Oui, le mot est épicène, ne me soulez pas.
(2) Bien qu’un gouvernement récent ait soulevé l’idée de proposer des voies royales aussi exigeantes en lettre qu’en sciences, et franchement, ce n’est pas trop tôt.
(3) Souvenez-vous de vos cours de novlangue : c’est le moment de placer la « crise » dans la conversation.
(4) Dans le tas, citons tout de même deux catégories qui réussiront malgré tout à s’épanouir totalement : les geek devenus ingénieur en informatique d’une part, et ceux qui finiront ingénieur de recherche et développement et à qui cela correspond.
(5) Et c’est là toute la puissance de persuasion de Microsoft que d’avoir réussi à pousser un produit payant dans une utilisation qui ne lui correspond en rien alors qu’il existe un excellent produit gratuit à côté.
(6) Pourquoi la France manque d’ingénieurs, Le Cercle Les Échos, 19 février 2013 – http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/societe/education/221166049/pourquoi-france-manque-ingenieurs
(7) L’institut de zététique a publié des résultats édifiants sur l’adhésion aux croyances ésotériques qui croit – c’est le cas de le dire – avec le niveau d’étude, une fois les capacités d’abstraction bien développées.

9 commentaires

  1. Roland dit :

    Ouuuf ! Je ne suis pas ingénieur (de toute façon, j’ai pas tout compris à l’article).

  2. Lanig dit :

    Je me reconnais bien là :)
    Bonne analyse

  3. Alexandre dit :

    Hello Matt,

    Bon je vais te titiller, mais je sais que tu as l’habitude :P

    Ton raisonnement a probablement quelques graines de vérité. Mais il y a des accrocs que je voudrais te soumettre.

    Premièrement, est-ce que la population de tes lecteurs ne serait pas en majorité des ingénieurs non pas parce que les ingénieurs sont une population plus particulièrement mal dans sa peau, mais simplement parce qu’ils sont plus nombreux à comprendre les nouvelles technologies, et donc à sortir de facebook de temps en temps pour aller lire ton blog ? N’oublions pas que la blogosphère primitive (celle de 2006) était peuplée exclusivement de geeks. Et je ne pense pas que la tendance se soit totalement inversée.

    Deuxièmement, est-ce que ces jeunes ingénieurs perdraient courage dans leur métier actuel parce qu’ils n’aiment pas ce métier, ou alors parce qu’ils n’ont pas encore assez d’expérience pour être monté en compétence et ainsi faire des tâches plus intéressantes. Il faut dire qu’on donne toujours aux petits nouveaux les tâches les plus ingrates, et c’est sur eux qu’on se défoule en général car les gens qui sont déjà montés en compétence, eh bien on peut plus difficilement s’en passer, et ils jouissent donc d’un cadre de travail plus agréable. Donc ça pourrait être davantage un problème d’impatience, la personne voulant tout de suite jouir d’un métier de rêve, alors qu’au début de tout métier, il faut passer par une période dure où l’on doit faire ses preuves.

    Troisièmement, tu cites la reconversion d’une personne qui s’est spécialisée en sophrologie. Est-ce qu’il a vraiment gagné au change, sachant qu’il va probablement gagner moins que dans son ancien métier, et qu’il a probablement moins d’expérience que les autres professeurs déjà en exercice, d’où une difficulté à s’imposer dans cette profession. Sans parler que l’engouement actuel dans la sophrologie pourrait aussi bien s’évanouir dans les années à avenir. Alors que s’il avait persisté dans son ancien métier, il aurait probablement réussi à évoluer suffisamment pour être heureux dans son métier, et avec une compétence plus demandée et précieuse sur le marché du travail, car acquise après de longues années d’études.

    Je ne dis pas que toute reconversion est vaine, mais il faut bien réfléchir : bâtir une solide compétence (ce n’est pas avec un formation de 6 mois qu’on en bâtit une) et aussi s’engager dans un secteur porteur . Ce serait bête de sacrifier tant d’années d’études pour se retrouver dans une situation précaire quelques années plus tard.

    Donc à mon avis, oui, les parents ont bien fait de donner une garantie de travail à leurs enfants :P

  4. Raph dit :

    Bon article Matt ! Quelque part, tu es le remède à ma solitude, le gars sans qui je serais tellement seul sur ma longueur d’onde ! ;)

    J’en profite pour apporter mon avis, retour d’expérience et quelques nuances acidifiantes à ton propos !

    D’abord, parce que l’on est jamais plus clair qu’en commençant par la conclusion, j’ajoute, sans demander la permission, à ton injonction finale : Parents, ne dissuadez pas vos enfants de devenir ingénieurs parce que la blouse de laboratoire ou le t-shirt de geek et le salaire d’ingénieur vous semblent moins attrayant que le costard, la cravate et le salaire du manager !

    Ensuite, le problème principal est sans aucun doute le fait que la Compétence* technique est complètement dévalorisée de nos jours en France. Réussir en France en 2013, c’est porter un costume, rouler dans une grosse voiture, parler dans des réunions ennuyeuses ( Parler d’argent, pas de science. La science c’est fatiguant, faut apprendre des trucs. ) et surtout jamais au grand jamais ne se salir les mains en les plongeant dans le cambouis ! Tant que l’on a obtenu tout cela, alors on est un professionnel accomplis et tant pis si on ne sait pas planter un clou !

    Tu me connais, j’aime faire comme tout le monde. Du coup j’ai adopté la philosophie exactement inverse. J’ai décidé de ne plus accorder de valeur que très exclusivement à la Compétence technique. Parce qu’un type avec un gros salaire, un costard cher, une grosse voiture et un sourire colgate qui ne sait pas planter un clou, finalement c’est jamais qu’un con incapable de planter un clou.

    D’une manière générale, je range les gens dans le monde du travail en deux catégories : ceux qui ont des Compétences techniques et les inutiles. Et je refuse catégoriquement de travailler avec des individus de la deuxième catégorie puisque je considère qu’ils ne servent à rien, à part à faire un chômeur de moins et gaspiller le budget de la société qui les emploie.

    Vous me direz, outrés, que c’est une position extrême et folle et vous aurez parfaitement raison. Mais la dévalorisation de la Compétence technique est tellement extrême et folle actuellement qu’une personne adoptant la position extrême inverse, ce n’est pas de trop pour contre-balancer. C’est même loin d’être assez. Alors je persiste.

    D’ailleurs, maintenant que vous savez à quel point je suis cinglé, autant en profiter pour prêcher un peu. Je continue mon plaidoyer en faveur de la Compétence technique.

    C’est vrai, il est communément admis que le plus simple pour la plupart des « gens de la technique » de voir leur salaire et leur statut s’améliorer à court terme est de s’orienter vers la dactylographie sous Excel et la glande en réunion, c’est à dire d’emprunter la voie du management.

    Mais ce n’est que la partie la plus visible de l’iceberg**.

    Explication par l’exemple :

    – Salaire d’un ingénieur bac +5 débutant dans une grosse société de services en informatique : environ 2200€ net par mois et peu de perspective d’augmentation au cours de sa carrière si il reste dans la technique.
    – Salaire du même ingénieur après 10 ans de « présence au bureau » (on ne va pas dire « travail », faut pas pousser) si il a pris la tangente coté management : environ 4000€ net par mois.

    C’est mieux me direz-vous. Sauf que le même ingénieur ayant persévéré très exclusivement dans l’amélioration et l’utilisation constante de ses Compétences techniques et installé comme indépendant après quelques années explosera tranquillement la barre des 6000€ net par mois avant d’avoir 5 ans d’expérience. Il sera ensuite supplié par bien des entreprises de bien vouloir rejoindre leurs rangs en échange d’une rémunération proprement indécente***. Eh oui ! Les vraies Compétences sont payées une blinde. Même mieux que ne le sont les types en costard cravate. Pourquoi ? Mais parce qu’à force de dévaloriser la Compétence technique, celle-ci s’est atrocement raréfiée. Quand on incite massivement les jeunes à abandonner la technique au cours de leurs premières années de travail pour devenir de petits chefs en costume, on fini immanquablement par manquer de gens compétents et expérimentés. La Compétence technique est rare et ce qui est rare est cher. Pensez-y avant de faire des choix de carrière discutables, amis ingénieurs en devenir !

    Le motto d’Acide-ici s’applique extrêmement bien au cas de notre jeune ingénieur. « C’est en faisant comme tout le monde qu’on ne devient personne ». C’est exactement ça. C’est en faisant le choix du costard cravate et de la dactylographie sous Excel qu’on devient Chef de projet interchangeable numéro 453688 puis Manager de Business Division interchangeable numéro 65278 en fin de carrière ou dans le pire des cas, contrôleur de gestion. Personne.
    A contrario, c’est en se donnant du mal pour devenir le meilleur planteur de clou du coin qu’on devient quelqu’un de tout à fait irremplaçable avec un travail passionnant, courtisé par les entreprises et, ce qui ne gâche rien, extrêmement bien rémunéré.

    Alors non, il n’y a pas de fatalité. Tout ce que décrit Matt correspond à une réalité mais pas à une fatalité. Vous pouvez refuser que l’on vous oriente vers la paperasse. Vous n’êtes pas obligé d’accepter de faire de l’informatique pour une compagnie d’assurance alors que vous êtes la nouvelle Marie Curie. Vous n’avez aucune obligation de devenir un secrétaire de luxe. Si vous travaillez à quelque chose qui vous passionne et que vous êtes vraiment bon dans ce que vous faites, vous pouvez devenir ce que vous voulez ! Vous n’êtes pas obligé de vous étioler !

    Pour finir avec une note extrêmement sérieuse mais vous pouvez la prendre comme de l’humour parce que personne de sensé ne prendrait ça au sérieux, j’ai une théorie absolument pas scientifique du tout pour identifier ce qui relève du coté obscur d’une carrière d’ingénieur et ce qui vaut le coup que l’on s’y intéresse. Il suffit de regarder l’orthographe des mots.

    Par exemple, tout ce qui commence par Ma relève du coté obscur : Marketing, Management, admirez la proximité avec par exemple Masturbation et Machiavélique. Un hasard ? Pensez-vous !

    A l’inverse les mots en -ence ou -ance sont d’excellents choix, Compétence et Performance prennent toute leur dimension autant en ingénierie qu’en matière de sexe et j’enchaine sur Science et Connaissance en passant par Expérience. Tout ce petit monde rime avec Abondance et Elégance. Un hasard ? Pensez-vous !

    On notera également que clou est un mot rigolo comme gnou, ce qui explique sa récurrence dans ce texte. Mais ça n’a rien à voir.

    Bref, si avec tout ça je ne vous ai pas convaincu de me rejoindre dans la glorieuse lutte pour la revalorisation de la Compétence technique et de faire les bons choix de carrière… Eh bien je continuerai à répandre la bonne parole et à essayer de vous convaincre. Na !

    * Oui je mets un C majuscule à compétence, ça fait partie du sketch. Pour que vous compreniez bien ce qui est important, idiots que vous êtes.

    ** Iceberg plus connu sous le nom de Désindustrialisation-totale-du-pays-ou-pourquoi-on-est-devenu-une-nation-entière-de-directeurs-marketing-au-chômage-qui-ne-savent-pas-planter-de-clou.

    *** Nan c’est une blague, j’ai rien à dire ici poursuivez votre lecture.

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