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La créativité, le génie et vous 2/5 – LA créativité vs LES créativités

Créativités

Comme nous l’avons montré dans le premier article de cette série, les mythes ont la peau dure, nous avons tous, à notre manière, le potentiel de créer (et j’ai déjà insisté lourdement sur le fait que ce ne soit qu’un potentiel, alors ne vous enflammez pas, le boulot est devant vous, pas derrière). Néanmoins, à cette affirmation qui fait naître en vous les espoirs les plus fous, je me dois d‘apporter un bémol. En effet, nous ne sommes pas nécessairement tous créatifs dans tous les domaines. J’irais jusqu’à affirmer que pour ainsi dire personne n’est créatif dans tous les domaines (quitte à bousculer quelques légendes, comme celle, un peu conne, plaçant Léonard de Vinci au dessus de tous les autres mortels ayant foulé le sol de notre planète). Nous sommes tous potentiellement créatifs, certes, mais il existe diverses créativités.

De même qu’il serait dommage de ne juger un poisson que sur son habileté à grimper aux arbres, il serait contre-productif de vous jauger vous-même uniquement à l’aune d’un domaine dans lequel vous n’excellez pas si vous recelez de talents cachés par ailleurs. Imaginez Wolfgang Amadeus Mozart(1) ayant un frère aîné romancier de génie. Quelque soit le respect qu’il ait pu avoir pour l’écriture romanesque, en supposant qu’il n’ait pas développé de qualité hors-norme dans ce domaine, aurait-il dû se lancer éperdument dans les traces de son aîné ? Même à supposer que le père Léopold Mozart ait voué une admiration sans borne à ce dernier ? Nous savons tous ce que nous y aurions perdu : 893 œuvres faisant partie du patrimoine de l’humanité.

L’adage qui doit présider à la recherche de votre génie intérieur n’est pas neuf. Il est aussi vieux que le gnothi seauton gravé au fronton du temple d’Apollon à Delphes qui fût repris par Socrate avec son interprétation personnelle :

Connais-toi toi-même.

Évidemment, se connaître soi-même est long. C’est même difficile. Mais comme disait Sun Tzu :

Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre.

Or définir les bons objectifs, c’est tirer pleinement partie de votre génie intérieur(2). Cela implique la connaissance de vos points forts.

C’est long et difficile pour plusieurs raisons. La première, c’est que des choses changent en nous, lentement, mais sûrement. On n’est pas le même à 18 ans, à 40 et à 65. Mais surtout, on s’éloigne de celui tentant d’être tel qu’il se voit pour s’approcher de celui qui se voit tel qu’il est(3). On teste, on apprend, mais par dessus tout, on abandonne progressivement (ou on devrait, en tout cas) l’envie de coller à une image que l’on trouve belle, que l’on imagine être attendue par son entourage ou par la société. On est plus à l’écoute de soi (ou on devrait, en tout cas). Et en même temps, on acquière une capacité à devenir spectateur de son être, afin de le jauger sans le juger (ou on devrait, en tout cas). Bref, on apprend à se connaître (ou on devrait, en tout cas).

Cette étape est donc nécessaire à l’accomplissement de projets qui font un réel écho en nous, au lieu de ne s’investir dans des domaines qui nous demeurent quelque part étranger. Je ne dis pas qu’il faut accepter ses faiblesses et ne jamais les corriger, ce qui serait devenir fataliste. Mais il faut en premier lieu connaître ses forces.

Plus vous retarderez le moment ou vous vous connaîtrez, plus vous reculerez le moment où vous vivrez réellement votre vie. Très honnêtement, je ne trouve pas choquant qu’il faille consacrer au moins une année complète, centré sur cette thématique, à définir qui l’on est et ce que l’on peut faire de mieux de soi-même. D’ailleurs, je vous prépare quelque chose sur la définition des objectifs…

Prenez du temps pour vous connaître : loin de le perdre, c’est un temps que vous gagnez sur l’inutilité.

Enfin, pas de dogmatisme : les « catégories » dans lesquelles s’accomplir ne sont pas hermétiques. N’hésitez pas à les inventer !

creativite-artistique


(1) Après avoir brocardé Léonard, il fallait bien que je compense en rendant hommage à Wolfgang.
(2) Vous avez vu, je vous la fait développement personnel !!! J’en ri encore. Qui sait, cela augmentera peut-être le nombre de visites issues de Google ? Mais ne vous attendez pas non plus à ce que je vous brosse bien longtemps dans le sens du poil.
(3) Respirez un grand coup et relisez-là au calme, celle-là.

1 commentaire

  1. Karine dit :

    « Prenez du temps pour vous connaître : loin de le perdre, c’est un temps que vous gagnez sur l’inutilité. » hum hum! certes. et, à part te lire, comment fait on pour se connaitre? (coaching ou mentorat peut-être, mais pas techniquement possible pour tout le monde…!!) parce que j’en connais (moi? allons donc!!) qui patinent dans la choucroute depuis siiiiiiii longtemps, que 1.ils ne se connaissent pas bien plus 2.ils perdent énormément de temps (même s’ils ne trouvent pas ça grave en soi) 3.se fixer des objectifs??euh! pour quoi faire?
    Alors? des solutions Supermen(tor)?

    [ta plume, ta plume, mon ami, toujours aussi délectative! -c’est ok pour le néologisme?
    ps: rien de sexuel dans cette parenthèse. je le jure. d’ailleurs çu été matériellement impossible.]

    Karine

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